La Ville n’exige plus l’abattage systématique des frênes en zone d’infestation. Elle organise des séances d’information pour expliquer ses nouvelles orientations.

Une collecte pour les résidus de frêne

Une collecte spéciale de résidus de frêne d’un diamètre inférieur à 20 cm sera organisée par la Ville de Sherbrooke entre le 29 octobre et le 2 novembre. Roger-Pier Mercier, chef de division des parcs et espaces verts, en a fait l’annonce jeudi dans la première de deux séances d’information sur l’agrile du frêne.

Il répondait ainsi à un des quelque 30 citoyens présents, un homme qui signalait que la Ville offrait bien peu d’aide aux propriétaires de frênes. « La collecte qu’on organise, ça vaut quelque chose », a indiqué M. Mercier, ajoutant que les citoyens intéressés devaient remplir un formulaire sur le site internet de la Ville.

« Si la politique a changé et que vous offrez maintenant le transport, est-ce que ça veut dire que nous sommes mieux d’attendre avant d’abattre nos arbres, au cas où de l’aide s’ajouterait plus tard? », a interrogé le citoyen.

M. Mercier a répondu par la négative.

La séance d’information visait entre autres à expliquer un changement de cap dans la politique de la Ville de Sherbrooke dans sa lutte contre l’agrile du frêne, un insecte asiatique qui fait des ravages au Québec, faute de prédateurs. Constatant que l’infestation était plus importante qu’elle le croyait, la municipalité n’oblige plus les propriétaires à abattre leur frêne, qu’il présente des symptômes ou pas, s’il se trouve dans une zone infestée. L’objectif est d’éviter une réduction trop rapide du couvert forestier.

Désormais, il est recommandé d’abattre les frênes touchés, alors qu’il est interdit d’abattre ceux ne présentant pas de symptômes, à moins de les remplacer par une nouvelle essence. Le permis d’abattage d’un frêne est offert gratuitement par la Ville.

Les services municipaux procèdent par ailleurs à une tournée du territoire en milieu urbanisé pour évaluer les frênes privés. Les citoyens qui trouveront un ruban rouge autour de leur frêne y comprendront que l’arbre est malade. Si le ruban est jaune, l’arbre ne présente pas de symptômes. Les symptômes apparaissent toutefois deux au trois ans après le début de l’infestation. « Nous aimerions avoir fait le tour de la ville pour l’automne 2019, pour donner l’information le plus rapidement possible », dit Roger Pier-Mercier.

Ceux qui feront abattre leur arbre malade devront en disposer en transportant les morceaux de bois à l’écocentre Michel-Ledoux, dans l’arrondissement de Fleurimont. « L’écocentre Rose-Cohen n’a ni les équipements ni l’espace nécessaire pour valoriser les résidus. »

Les arbres malades sont transformés en copeaux qui sont acheminés chez Valoris, pour ensuite être incorporés au compost.

Roger-Pier Mercier ne recommande pas d’attendre que l’arbre soit mort pour l’abattre. « Il pourrait coûter jusqu’à 65 % plus cher en raison des dangers qu’il représente. » L’abattage doit par ailleurs survenir entre le 1er octobre et le 31 mars.

Ceux qui choisiront de traiter leur frêne à l’aide de l’insecticide TreeAzin, reconnu pour son efficacité sur les arbres en santé, doivent le faire entre le 15 juin et le 31 août. L’arbre doit mesurer au moins 20 cm de diamètre. Le prix du traitement est de 3,49 $ du centimètre. Le traitement doit être administré aux deux ans.

Une nouvelle séance d’information est prévue le 17 octobre à 18 h 30 à l’hôtel de ville.