La Ville a entrepris les démarches pour vendre le parc Willie-Bourassa-Auger, dans le district de Brompton.

Une campagne pour sauver le parc Willie-Bourassa-Auger

SHERBROOKE - Des citoyens ont lancé des démarches pour empêcher la vente du parc Willie-Bourassa-Auger, situé rue du Perche, dans le district de Brompton. Catherine Boileau, par exemple, déplore n'avoir jamais été informée que ce terrain était à vendre.

Rappelons que la Ville de Sherbrooke a entrepris de vendre ce parc pour la somme de 91 400 $. Elle évoque entre autres qu'il est peu utilisé et que la somme obtenue pourra être réinvestie dans les autres parcs du district. Les citoyens s'opposant au changement de zonage pourront demander la tenue d'un registre entre le 5 et le 13 juin.

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« Si Évelyne Beaudin n'en avait pas parlé, je ne l'aurais jamais su. En tant que résidante de Brompton, j'aurais dû être informée. Peut-être que d'autres citoyens sont intéressés à le savoir aussi », avance-t-elle.

Mme Boileau admet qu'elle n'avait jamais fréquenté le parc en question. « Je suis allée le voir dernièrement. Je ne le connaissais pas. S'il y avait un peu d'aménagements, je suis certaine que les gens iraient. C'est le processus que je conteste. C'est un espace vert dans un secteur où il n'y a pas de parc sur le bord de l'eau. C'est un bijou qui n'a peut-être pas été exploité. »

Mme Boileau a mis sur sa page Facebook un formulaire d'inscription pour les citoyens qui souhaiteraient être informés de la suite des choses. Une cinquantaine de personnes se seraient déjà inscrites. « Il y a une rencontre de prévue avec la greffière de la Ville pour savoir ce que nous pouvons faire. Le processus est opaque. Nous voulons faire les choses dans les règles de l'art. Le but premier est d'informer les gens. La Ville fait des démarches pour que les citoyens s'approprient leurs parcs. C'est un parc de proximité avec des arbres matures dans un secteur calme... »

La citoyenne est par ailleurs en contact avec l'Association du boisé Fabi et l'Association citoyenne pour les espaces verts de Sherbrooke.

Lucie Desgagné, ex-présidente de l'Association du boisé Fabi, juge la situation choquante. « Nous ferons la demande pour la tenue d'un registre, et il y a quelque chose de prévu pour le prochain conseil municipal. »

Si un registre est ouvert, seuls les citoyens habitant dans les zones voisines du terrain concerné auront voix au chapitre. « Je trouve que c'est désolant pour un enjeu qui est global et qui touche toute la population. On ne parle pas d'une chicane de clôture entre voisins. C'est un bien public qu'on privatise », déplore Mme Desgagné.

« L'argument selon lequel le parc n'est pas utilisé ne tient pas la route. Si on y mettait les efforts, ce parc pourrait devenir une belle halte de vélo. Il est complètement aberrant qu'on pense à se départir d'un espace vert. »