Près de 200 personnes ont participé vendredi matin à la 11e édition du Petit-déjeuner bénéfice de l’organisme Procure à l’hôtel Delta. 30 373 $ ont été amassés pour combattre le cancer de la prostate.

Une biobanque pour combattre le cancer

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes et fait partie des cinq plus meurtriers. Chaque jour, 12 Québécois reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate.

C’est pour cette raison que Procure, un organisme à but non lucratif entièrement consacré à la lutte contre le cancer de la prostate au Québec, a convié près de 200 personnes à l’hôtel Delta vendredi à l’occasion de la 11e édition du Petit-déjeuner bénéfice de l’organisme. Un peu plus de 30 000 $ dollars ont été amassés cette année, ce qui porte le total à plus de 270 000 $ depuis le début de l’événement.

« C’est un des deux événements qui ne sont pas organisés par Procure et qui ramassent le plus d’argent, admet Laurent Proulx, PDG de l’organisme. C’est extrêmement important pour nous. L’Estrie est une région énergique. »

Cet argent aide Procure à mettre en place une ligne téléphonique de soutien, à tenir son site web à jour et à faire des présentations gratuitement dans des entreprises.

« L’enjeu est que les hommes ne prennent pas soin de leur santé, indique M. Proulx. Ils vont plus aller au garage quand une lumière jaune allume sur leur tableau de bord que pour leur santé. »

L’argent recueilli vendredi à Sherbrooke servira également à soutenir la biobanque. Il s’agit d’un projet lancé il y a 10 ans par Procure.

« Ce sont 2000 hommes qui ont été opérés pour le cancer de la prostate et qui ont donné des tissus ainsi que des échantillons sanguins, explique Dr Michel Carmel, urologue et directeur du service d’urologie au CHUS. Ces hommes ont fait des suivis annuels. Cette année, on va commencer à distribuer ces tissus pour la recherche. »

Le projet de Procure est de suivre ces hommes tout le long de leur vie et, s’il y a une récidive, d’être capable de comparer l’avant et l’après.  

« C’est extrêmement important pour un chercheur. On pense investir 1,5 million dans les prochaines années pour des projets de recherches qui vont utiliser ce qu’on a collecté depuis 10 ans, souligne M. Proulx. La clé de l’énigme est probablement à l’intérieur de cette biobanque. »

Un test critiqué

Il n’existe qu’un seul test actuellement, l’APS (antigène prostatique spécifique), pour déceler le cancer de la prostate. Ce test est toutefois « critiqué et critiquable » selon Dr Carmel.

C’est que même en obtenant un résultat anormal au test, seulement un homme sur quatre développera un cancer de la prostate et les traitements qui s’en suivent peuvent amener des effets secondaires.

« Un patient peut avoir des traces de cancer, mais qui ne mettront jamais sa vie en danger, explique Dr Carmel. C’est ce qu’on essaie de découvrir en moment, ce sont les personnes pour qui les traitements sont inutiles. Il y a environ le tiers de nos patients atteints du cancer qui sont sous surveillance et qui n’ont pas de traitement actif. »

Même si les résultats du test ne confirment pas nécessairement qu’un homme est atteint du cancer, Dr Carmel recommande de le faire régulièrement.

Le dosage de l’antigène prostatique spécifique détecte la majorité des cancers de prostate précocement mais l’examen de la prostate par toucher rectal doit aussi être fait car 15% des cancers auront seulement un nodule induré à la palpation.