Le tourisme d’affaires et le tourisme sportif ont bien performé à Sherbrooke en 2019. Destination Sherbrooke a d’ailleurs dégagé un excédent de 491 526 $.
Le tourisme d’affaires et le tourisme sportif ont bien performé à Sherbrooke en 2019. Destination Sherbrooke a d’ailleurs dégagé un excédent de 491 526 $.

Une année touristique performante malgré les coupes

PRIMEUR /  Le rapport annuel de Destination Sherbrooke a été adopté mercredi en assemblée générale et il démontre que 2019 aura été une meilleure année que la précédente en matière de tourisme malgré les coupes dans les investissements municipaux. L’organisation réussit même à dégager un excédent de 491 526 $. Une situation paradoxale qui ne prouve pas, selon la présidente Sylvie L. Bergeron, que Destination Sherbrooke pourra faire encore plus avec moins de ressources dans les années à venir.

Parmi les nouveaux projets ayant retenu l’attention, on cible une campagne sur les roadtrips, une réponse virale à la campagne publicitaire de Montréal, qui invitait les Sherbrookois à lui revenir, et la vidéo Sherbrooke, vibrante avec le groupe Valaire. On a aussi ajouté cinq œuvres au Circuit art et mosaïques.

Dans les états financiers, les revenus sont supérieurs de 200 000 $ en 2019 pour atteindre 5 M$. La colonne des revenus inclut la contribution de la Ville pour le Centre de foires (22 000 $) et la place Nikitotek (364 190 $). En conséquence, Destination Sherbrooke dégage un excédent de 491 526 $ qui s’explique en partie par l’absence de certains employés pour maladie ou maternité.

Rappelons que les investissements municipaux en infrastructures de tourisme étaient nuls en 2019.

Tourisme d’affaires et tourisme sportif

Le rapport annuel, obtenu en vertu de la Loi d’accès à l’information, relève une augmentation du nombre de congrès, et conséquemment des nuitées générées, en 2019. Avec 11 congrès supplémentaires, la Ville de Sherbrooke a pu générer 2000 nuitées de plus. On cite la Conférence de calligraphie, pour 2390 nuitées, et le congrès de la Société canadienne des microbiologistes, avec ses 986 nuitées.

Le Centre de foires connaît aussi une légère progression avec l’organisation de 20 salons, contre 19 en 2018, et de 47 événements, contre 46 l’année précédente. Même si le bâtiment du plateau Saint-Joseph a été occupé deux jours de moins, il a accueilli 139 923 visiteurs, soit environ 1300 de plus qu’en 2018. Les événements ayant connu un fort achalandage sont entre autres le Salon du livre de l’Estrie et le salon Expo Habitat. Trois nouveaux salons avaient confirmé leur présence en 2020.

Le Centre de foires connaît une légère progression avec l’organisation de 20 salons, contre 19 en 2018, et de 47 événements, contre 46 l’année précédente.

Le tourisme sportif, stable avec 55 événements, a permis d’accueillir 31 848 participants, une forte progression (15 %) par rapport à 2018. Il a toutefois généré 1000 nuitées de moins malgré cet achalandage plus important.

S’agit-il d’une preuve que le tourisme peut être performant sans d’importants investissements de la part de la Ville? « Nous avons un très beau rapport 2019 et c’est le résultat de plusieurs années d’efforts, parce que nous avons développé une expertise. Quand tu travailles depuis dix ans dans un même domaine, tu deviens plus performant. Donc oui, nous pouvons maintenir nos résultats avec moins de personnel, mais on ne peut pas développer », commente Sylvie L. Bergeron.

Elle ajoute que pour développer, il faut investir. « On va essayer de mettre plus en valeur nos produits régionaux, de remplir le Centre de foires. C’est à cause de notre saine gestion que nous avons réussi ces bons coups jusqu’à maintenant. L’argent que nous avons accumulé ou économisé pourra être utilisé pour continuer à développer ou à maintenir nos activités, mais l’argent qui est coupé, lui, ne reviendra pas. »

Pour Mme Bergeron, les coupes se feront sentir dans les années à venir. « Nous nous sommes maintenus, mais il ne faudra pas s’attendre que nous soyons aussi performants dans deux ans avec moins de monde. »

Au rayon des moins bonnes nouvelles

Dans les données moins reluisantes, on note l’achalandage à la place Nikitotek pour la dernière saison de Starmania. Avec 8053 spectateurs, il s’agit de la plus faible affluence depuis 2013, alors que Séquence 8, des 7 doigts de la main, était présenté. Les retombées économiques estimées à 1,1 M$ surpassent quand même deux des quatre saisons du précédent spectacle Cowboys.

Dans les données moins reluisantes, on note l’achalandage à la place Nikitotek pour la dernière saison de <em>Starmania</em>.

« Ce n’était pas la meilleure année, mais ne sachant pas ce qui arriverait avec le théâtre de la place Nikitotek l’été d’après, c’était moins motivant. On a mis moins d’énergie là-dessus et ça faisait probablement que les gens étaient moins tentés de venir aussi », commente Sylvie L. Bergeron.

On constate par ailleurs une baisse de fréquentation de 7,5 % du Bureau d’information touristique et une baisse des interventions sur le circuit des murales, auprès des visiteurs, de 17 %. L’application Muralis a néanmoins connu un bond de 20 % des téléchargements.

Puisqu’il s’agit du rapport 2019 de Destination Sherbrooke, le mot de la présidente qui y est publié est signé par l’ex-présidente Annie Godbout.

« Le tourisme est assurément considéré comme un pilier de l’économie canadienne. L’empreinte de ce secteur est pratiquement partout et Sherbrooke sait tirer son épingle du jeu en proposant une offre diversifiée dont les gens de tous les groupes d’âge et tous les intérêts peuvent profiter », écrit-elle.

« Pour rester concurrentiel et s’approprier une part du marché provincial, Destination Sherbrooke a redoublé de créativité et de leadership en 2019 afin de mettre en place des conditions favorisant la valorisation du territoire de Sherbrooke. L’équipe des communications et du marketing a entre autres

multiplié les idées avant-gardistes afin de faire la promotion du cœur des Cantons avec plusieurs campagnes audacieuses.

« [L]’organisation peut compter sur une équipe stable, passionnée, hautement expérimentée et appréciée de ses partenaires », écrit-elle encore.