La Ville consacre un million $ pour offrir un prêt sans intérêt destiné à la mise de fonds pour les nouveaux propriétaires. L'édifice, qui doit se trouver dans le noyau du centre-ville, devra être habité par le propriétaire et compter au maximum quatre logements. Une seconde enveloppe, de 100 000 $ cette fois, viserait la rénovation, la transformation ou l'agrandissement d'une coopérative, ou même la construction ou reconstruction d'une coopérative.

Une aide financière pour rajeunir le centre-ville

La Ville de Sherbrooke lancera deux programmes d'aide annuelle pour contribuer à la revitalisation du centre-ville. Il s'agit d'une aide financière pour l'acquisition d'immeubles résidentiels, sous forme de prêt, ou pour la construction et la rénovation de coopératives d'habitation, sous forme de subvention. La création des programmes sera entérinée au conseil municipal le 18 septembre.
Dans le diagnostic ayant mené au Plan directeur d'aménagement durable du centre-ville de Sherbrooke, on constatait que 50 % des 1950 logements du centre-ville datent d'avant 1946. Environ 94 % d'entre eux sont occupés par des locataires et la moitié des logements nécessitent des réparations mineures ou majeures.
« Notre stock de logements a besoin d'être rénové. Il y a très peu de propriétaires occupants alors que nous en voulons plus. Les immeubles sont généralement mieux entretenus et la sélection des locataires peut se faire de façon un peu plus pointue quand le propriétaire occupe l'immeuble », résume le président du comité exécutif, Serge Paquin.
Concrètement, un premier programme inspiré de ceux existant à Montréal et Québec consiste en une aide à la mise de fonds sous la forme d'un prêt sans intérêt. L'édifice, qui doit se trouver dans le noyau du centre-ville, devra être habité par le propriétaire et compter au maximum quatre logements. L'aide serait de 10 % du coût d'acquisition, jusqu'à concurrence de 25 000 $, et serait remboursable au bout de 20 ans, ou lors de la revente de l'immeuble.
Une enveloppe de 1 M$ est prévue à cette fin.
« Nous estimons que ce sera un programme à coût nul parce que le million de dollars que nous prévoyons mettre là-dedans est un prêt. Au bout de 20 ans maximum, les gens rembourseront non seulement le prêt, mais aussi l'augmentation de valeur en proportion de la mise de fonds de 10 % », explique M. Paquin.
« Élément de risque »
Hélène Dauphinais se dit contre le fait « que des gens s'enrichissent en ayant accès à la propriété avec l'argent des taxes des citoyens. En immobilier, quand les gens ne mettent pas de mise de fonds, le risque pour le prêteur est plus grand. Il y a un élément de risque. »
Chantal L'Espérance a rétorqué qu'aucun problème n'avait été observé à Québec avec un programme semblable.
Une seconde enveloppe, de 100 000 $ cette fois, viserait la rénovation, la transformation ou l'agrandissement d'une coopérative, ou même la construction ou reconstruction d'une coopérative. L'aide maximum atteindrait 50 000 $. Le système du premier arrivé, premier servi serait appliqué, selon certains critères d'admissibilité. Cette subvention ne pourrait être réclamée qu'une fois par immeuble et ne s'appliquera pas aux coopératives existantes.
On pourrait donc venir en aide à deux projets par année si le maximum est atteint. « C'est peu, mais il y a d'autres programmes qui existent, entre autres Rénovation Québec et Accès logis. C'est un coup de pouce supplémentaire qui peut faire la différence dans des projets plus coûteux, plus difficiles », dit Serge Paquin. Ces programmes pourraient être jumelés.
Hélène Dauphinais s'est opposée à nouveau. « Pourquoi on favoriserait les coopératives alors qu'il y a déjà beaucoup de logements vacants? Il y a déjà un bel effort de la Ville pour des immeubles subventionnés. Selon moi, c'est suffisant. Je ne vois pas la nécessité d'en rajouter. »
Guillaume Brien, directeur général de la Fédération des coopératives d'habitation de l'Estrie, estime que cette façon de faire pourrait éviter une forme d'embourgeoisement.
Le maire Bernard Sévigny y voit un signal que Well inc. ne vise justement pas un embourgeoisement du secteur. « La réponse me semble assez adéquate pour cette préoccupation. C'est une réponse très pratique, très réaliste. »
Nicole Bergeron serait prête à ce que des aides semblables puissent éventuellement être offertes dans Lennoxville ou Brompton.