Un «yogathon» au profit de l’Escale

Une séance de yoga pour une bonne cause aura lieu samedi au Cégep de Sherbrooke. L’objectif est d’amasser de l’argent pour aménager une salle de détente dans l’édifice de l’Escale, un organisme qui vient en aide aux femmes victimes de violence conjugale.

Le projet est piloté par sept étudiants de médecine à l’Université de Sherbrooke. Le groupe s’est fixé un objectif de 2 500 $, mais a déjà amassé, à quelques jours de l’événement, 1 700 $.

« L’Escale avait les moyens de le faire, mais on s’est dit qu’on ne voulait pas utiliser leur argent parce que pour les OBNL, c’est déjà assez difficile comme ça », explique Guillaume Joncas, l’un des instigateurs du projet.

L’idée d’aménager une salle de détente est venue directement de la clientèle de l’Escale.

« Il y a une salle de jeu pour les enfants, mais il n’y a rien pour que les femmes ou les adolescents aient un moment de repos, souligne Guillaume Joncas. Ça nous permet, en tant que futur médecin de mieux connaître la réalité d’une clientèle vulnérable parce que si on n’est pas exposé à ces gens, c’est plus dur de comprendre leur réalité. »

La directrice de l’Escale, Céline Daunais-Kenyon, reçoit cette initiative comme une bénédiction. « Juste de les voir se mobiliser, c’est incroyable. Au début, c’était tout petit. Ils sont remplis d’énergie et de volonté. Ils ont même réalisé un sondage pour demander aux résidentes et aux enfants ce qu’ils aimeraient voir dans la salle », indique celle qui se réjouit de pouvoir rediriger les fonds qu’elle avait mis de côté vers les « multiples » besoins au quotidien. 

Le yogathon se déroulera entre 13 h et 16 h samedi au Centre de l’activité physique du Cégep de Sherbrooke. Trois professeurs différents présenteront trois styles de yoga. Deux activités de méditation seront également à l’horaire.

Il est possible de donner de l’argent via le site web de l’Escale, www.escaleestrie.com. Il est aussi possible de consulter la page « Yogathon au profit de l’Escale » sur Facebook.

En date du 2 décembre, la maison de l’Escale Estrie était à 114 % d’occupation, partage Mme Daunais-Kenyon, qui rappelle que lors de l’exercice 2018-2019, environ 200 dossiers ont été refusés, faute de place. 

« On est très préoccupés, parce que ces temps-ci, dans les femmes qui communiquent avec nous, il y a énormément de violences extrêmes. Je ne sais pas comment l’expliquer. Je ne sais pas si c’est parce qu’on en parle davantage que les femmes nous sollicitent plus, ou si c’est parce qu’il y en a plus », note celle qui rêve d’une deuxième maison pour les femmes en Estrie, mais qui traiterait un spectre plus large de problématiques, comme la toxicomanie ou les problèmes de santé mentale. 

« Il manque une ressource à Sherbrooke pour les femmes en difficultés », note-t-elle. 

Avec Jasmine Rondeau