Est-ce qu’une partie de la rue Wellington Nord sera convertie en oasis urbaine?
Est-ce qu’une partie de la rue Wellington Nord sera convertie en oasis urbaine?

Un verre dans la rue Wellington Nord... littéralement?

Est-ce que les Sherbrookois pourront bientôt prendre un verre dans la rue Wellington Nord? Les élus municipaux songent à ériger une oasis urbaine sur cette artère bordée de restaurateurs privés de leur terrasse. Des études sont en cours.

Cette décision devrait être présentée au conseil municipal de lundi prochain. Elle sera d’abord l’objet de discussions à huis clos. « Ça devrait être assez rapide pour la décision », a mentionné le maire de Sherbrooke, Steve Lussier en entrevue téléphonique jeudi.

« Plusieurs restaurateurs et commerces ont plus de difficultés actuellement, affirme le maire. On veut trouver des avenues possibles. On a mandaté les services pour repenser certains secteurs qui pourraient être probables pour donner une bouffée d’air à nos restaurateurs. Ça pourrait être une bonne chose et je ne suis pas contre ça. Il reste cependant des analyses à faire, car il y a toujours des règles à suivre. »

Wellington Nord... et ailleurs?

Actuellement, la Ville regarde surtout la rue Wellington Nord. « On regarde d’autres avenues que je ne dévoilerai pas tout de suite. On a mandaté les services pour regarder certains endroits », explique M. Lussier, laissant planer le mystère.

Steve Lussier ne veut cependant pas voir de l’alcool dans les parcs. « Toutes les idées sont sur la table. Est-ce qu’on ira plus loin? Je crois que la réponse est oui. Est-ce que ce sera dans tous les parcs? Non. La réponse est non. Ce sera des endroits ciblés. C’est ce qui a été demandé. Tout le monde aura accès à ces endroits, pour amener leur “take out” et se commander évidemment de l’alcool. [...] Je suis ouvert à des endroits ciblés qui ont un lien avec les restaurants et les commerces. On ne retrouvera pas ça dans n’importe quel parc, on en a plus de 200 à Sherbrooke », exprime-t-il. 

Ces lieux ciblés sont « des endroits stratégiques où on pourrait agrandir l’espace pour certains restaurants ou commerces », dit Steve Lussier, ne précisant pas d’exemple concret.

Oasis urbaine

Quelle est la différence entre une rue piétonne comme à Drummondville et une oasis urbaine? « C’est le contrôle qu’on peut avoir, répond-il. L’oasis urbaine, c’est un endroit ciblé sur la Wellington. On va attendre pour le dévoiler. C’est une première qu’on fait de cette façon. »

Pour l’instant, les utilisateurs de cet espace devraient faire affaire avec des restaurateurs locaux. « Il faut être prudents. Il faut aussi qu’il y ait un lien avec leur commerce. On ne veut pas nécessairement que les gens arrivent là avec leur boisson. On n’est pas encore rendus là. On va commencer à regarder pour le lien avec nos restaurateurs », résume le maire de Sherbrooke.

Rappelons que Drummondville permettra dès vendredi à ses citoyens de consommer de l’alcool sur une rue préétablie tout en dégustant un repas en formule « pour emporter ». 

Plus petite ampleur

Pour la conseillère municipale Évelyne Beaudin, la Ville pourrait faire plus. « Je pense qu’on aurait pu faire plus que créer un îlot. De faire comme dans les autres villes vers quelque chose de plus assumé, de plus grand ampleur pour que ce soit plus attirant. Je vais les laisser présenter ça, ça peut encore changer », a-t-elle commenté. 

« Ce qu’on voit dans les autres villes, ce sont les élus qui décident en fonction de ce qui est le mieux pour tout le monde, selon leur analyse des besoins des commerçants et des clients. Ensuite, ils voient avec, par exemple, le Service de police pour encadrer les propositions. [...] À Sherbrooke, dans le passé, le débat n’avait jamais vraiment eu lieu. On avait demandé à la police ses opinions, ils l'avaient donné, ils ont fait leurs recommandations et c’est tout. Évidemment, la police n’était pas favorable à assouplir la règle », déplore Mme Beaudin.

Le maire, lui, se qualifie d’« ouvert aux changements ». « L’an passé, le règlement 1 de la Ville était très clair. Le conseil municipal avait appuyé la recommandation du comité de sécurité publique, soit de ne pas tolérer d’alcool dans les parcs. Tous les élus ont peur de ça. [Le maire a modéré ses propos, vendredi matin, précisant que le vote s'était pris à 13 contre 1.] », pense M. Lussier, jugeant que la situation est maintenant différente.

Passé

Depuis quelques années, la conseillère municipale Évelyne Beaudin demande à ce que la Ville analyse l’encadrement de la consommation d’alcool, notamment dans les parcs de son territoire. 

« Pour moi c’est important d’analyser sérieusement cette demande, parce que ça vient des commerçants qui vivent des difficultés à cause de la pandémie et du ralentissement des activités. La consommation d’alcool dans les restaurants, c’est souvent là où les commerçants font de plus grandes marges de profit. Si on veut leur donner un coup de pouce, il faudrait non seulement leur permettre d’agrandir leur terrasse et d’utiliser peut-être une rue piétonne pour mettre des tables, mais également leur permettre de servir l’ensemble de leur menu pour être sûrs que ce soit avantageux pour eux », analyse la chef de Sherbrooke Citoyen.