Un stratagème qui pourrait se tourner contre des ados

Des adolescents de Sherbrooke qui pensaient pouvoir faire de l’argent rapidement se retrouvent maintenant mêlés à une fraude bancaire.

Ils pourraient même faire face à la justice pour complicité et méfait public, signale le Service de police de Sherbrooke (SPS).

L’affaire remonte à il y a quelques semaines alors que des ados ont été approchés via des médias sociaux. On leur offre de donner leur carte de débit et divulguer leur  numéro d’identification personnelle (NIP) à un individu qui leur explique qu’ils n’auront qu’à réclamer à leur institution financière les sommes qui seront déduites de leur compte.

«Les jeunes ont contacté leur institution financière pour signaler la perte de leur carte de débit et le fait que de l’argent avait été retiré de leur compte», explique Isabelle Gendron, porte-parole du SPS.

«Mais l’institution financière a recommandé de se plaindre à la police.»

Des jeunes se sont même rendus au poste de police avec leurs parents pour signaler la supposée fraude après soi-disant s’être fait voler leur carte ou l’avoir perdu. Toutefois, l’une des mères d’un ado impliqué a remarqué un texto de son fils donnant des indices sur cette fraude.

«Nous avons rencontré des parents, mais là personne ne veut parler parce que ça incrimine le jeune qui aurait volontairement donné leur NIP  à une autre personne en sachant que l’argent sera retiré de leur compte pour ensuite le réclamer à l’institution financière», ajoute Mme Gendron.

«Les sommes déduites de leur compte sont d’environ 1000 $. Les manières de procéder des fraudeurs se ressemblent dans ce dossier. Mais tout n’est pas clair. Les jeunes sont maintenant frileux de nous parler.»

Difficile aussi de dire que les jeunes ont été exploités dans cette affaire, ajoute la relationniste du SPS. «C’est peut-être aussi l’appât du gain, note-t-elle. Pour faire de l’argent rapidement. »

«Nous n’avons pas vraiment de plainte officielle. Donc pas beaucoup d’indices. Le printemps dernier, nous avions eu affaire à un autre cas avec des cartes-cadeaux. » 

«On peut difficilement parler d’une fraude, car les jeunes auraient donné leur carte bancaire et leur NIP de plein gré, commente Isabelle Gendron. On ne parle de jeunes de 12 ans qui ne pouvaient pas savoir. C’est plus des ados d’environ 15 ans.»