Des millions de personnes suivent chaque jour sur les réseaux sociaux les exploits de Philippe Laflamme, un joueur professionnel de Sherbrooke.

Un Sherbrookois superstar du jeu vidéo

Il est connu de tous les adeptes de jeux vidéos, partout sur la planète. Mais comme nul n’est prophète en son pays, bien peu de gens en région savent qu’un Sherbrookois de 20 ans se démarque dans le jeu le plus populaire au monde, allant jusqu’à participer aux Championnats mondiaux de League of Legends.

Lorsqu’il a quitté le cégep pour devenir joueur professionnel, Philippe Laflamme était confiant face à sa décision. Et il ne s’est pas trompé.

Quelques années plus tard, il habite Los Angeles et aspire à gagner un salaire dépassant le million de dollars. Son but : gagner les Séries de championnats de League of Legends (LOL), un jeu de guerre et de personnages, avec son équipe Dignitas anciennement appelée Clutch Gaming.

« En regardant en arrière, je suis content de mon parcours jusqu’à présent, soutient celui qui est surnommé Vulcan. Mon but a toujours été de me rendre au plus haut niveau de compétition et j’y suis parvenu très rapidement. Après ma première année en tant que remplaçant, j’ai été promu comme joueur partant et je me suis rendu aux Mondiaux à ma deuxième année, le but de tous les joueurs professionnels. Ce dont je suis le plus fier, c’est d’être devenu le premier joueur québécois des séries de LOL. Il faut savoir que pendant très longtemps, la communauté québécoise de haut niveau se moquait d’elle-même, du fait que personne au Québec ne s’était encore rendu aux Mondiaux. »

Même s’il ne conseille pas aux plus jeunes de lâcher l’école pour vivre leur rêve et tenter leur chance dans un monde où la compétition est féroce, Philippe Laflamme se dit heureux aujourd’hui de pouvoir vivre de sa passion dans le fameux monde du eSports.

« Ce que j’aime du gaming, c’est surtout l’aspect de compétition. Je trouve ça difficile de simplement jouer pour le plaisir : dès que j’essaie un nouveau jeu, j’aime toujours me comparer à d’autres joueurs pour évaluer mon niveau. Si je joue à League of Legends spécifiquement, c’est parce que j’aime l’aspect stratégique, la rapidité des actions et le travail d’équipe. »

Rapidement, il a su convaincre ses parents que la décision de mettre les études de côté pour percer dans le monde des jeux vidéos était la bonne. Son rêve n’est d’ailleurs pas près de se terminer.

« Je dirais que pour encore au moins dix ans, je compte demeurer dans le monde professionnel du gaming. Je ne pense toutefois pas réussir à rester un joueur professionnel durant tout ce temps, mais ce domaine-là me passionne et je compte y demeurer. »

Les jeux eSports au Québec

Plus populaire en Asie, en Europe et aux États-Unis, le eSports attire de plus en plus d’adeptes au Québec, mais a encore du chemin à faire avant d’atteindre le prestige observé dans les autres régions du monde.

« Le Québec a quelques joueurs ici et là dans beaucoup de jeux différents, mais n’a jamais vraiment eu d’équipe cent pour cent québécoise. Il y a Zayt dans Fortnite, xQc dans Overwatch et le streaming, Missharvey dans CS:GO et quelques autres Québécois dans Starcraft, mais sans plus. Je dirais que l’on se démarque, mais pas autant qu’ailleurs où la culture est plus ouverte aux jeux vidéos. »

Philippe Laflamme se réjouit d’ailleurs de voir qu’une école de Sherbrooke a pris les devants dans le monde du jeu vidéo.

« Je crois que le fait d’avoir des écoles comme le Mont Sainte-Anne, qui s’intéresse aux programmes de eSports, est un pas dans la bonne direction. Il y a beaucoup de gens, surtout au Québec, qui ne comprennent pas du tout cet univers-là », note-t-il tout en rappelant que des dizaines de millions de personnes s’intéressent présentement à League of Legends.

Le eSports, du sport?

Tout un débat entoure les jeux vidéos eSports. Est-ce vraiment un sport, au même titre que les échecs par exemple? Chose certaine, Philippe Laflamme refuse d’en débattre.

« Je ne veux jamais argumenter là-dessus : je crois que ce débat est inutile, mais ça ne change pas le fait que ce sont des compétitions de très haut niveau qui demandent du travail et de la pratique constamment ainsi que du talent et de la compétence. Ce n’est pas pour tout le monde. J’ai joué beaucoup au soccer plus jeune. Mais contrairement au soccer, on peut facilement jouer à des jeux vidéos pendant des heures. Au soccer, comme dans les autres sports, on est limités physiquement, car le corps a ses limites évidemment. Mais dans le gaming, on peut se pratiquer et s’améliorer autant que l’on veut. Il n’y a pas de limite! »