Vincent Beaudry est détenteur d'un baccalauréat en génie mécanique et d'une maîtrise en génie aérospatial.

Un Sherbrookois parmi les 70 finalistes aux postes d'astronautes canadiens

Depuis aussi loin qu'il se souvienne, Vincent Beaudry a toujours été attiré par les étoiles. Déjà petit garçon, il rêvait de flotter à leurs côtés, de découvrir ce que ces témoins du passé avaient à raconter. Ce rêve, le Sherbrookois de 32 ans pourrait bientôt le réaliser, puisqu'il fait partie des 70 finalistes aux postes d'astronautes canadiens.
L'Agence spatiale canadienne est à la recherche de deux candidats pour joindre les rangs de sa nouvelle génération d'explorateurs de l'espace. Lancée en juin dernier, la campagne de recrutement a attiré 3772 candidatures. Huit mois plus tard, après plusieurs étapes de sélection comprenant des examens d'entrée à la fonction publique et des examens médicaux approfondis, 47 hommes et 23 femmes, dont Vincent Beaudry, sont toujours en lice pour devenir astronautes.
« Être astronaute, c'est un rêve que j'ai cultivé à travers tout mon cheminement scolaire et professionnel, raconte Vincent Beaudry. C'est ce rêve-là qui m'a fait choisir mon domaine d'expertise, le génie aérospatial. (...) Toutes les formations que j'ai faites autour de ça, c'était aussi dans le but d'aller chercher des munitions pour bien me préparer pour un possible appel de candidatures de l'Agence spatiale canadienne. »
Lorsque ce fameux appel de candidatures s'est enfin présenté, l'été dernier, M. Beaudry n'a pas hésité un instant à se lancer dans le processus de sélection, malgré que son épouse ne soit qu'à quelques semaines d'accoucher de leur premier enfant.
« Ça faisait beaucoup de choses en même temps, mais je me dis que c'est quand on est le plus occupé qu'on arrive le mieux à gérer notre temps! » note le Sherbrookois.
Un parcours atypique
Détenteur d'un baccalauréat en génie mécanique et d'une maîtrise en génie aérospatial de l'Université McGill, Vincent Beaudry ne possède aucun doctorat, contrairement à plusieurs des candidats qui sont toujours dans la course. Mais loin d'être intimidé par l'impressionnant parcours scolaire de ses adversaires, le chef de développement logiciel chez CAE inc. affirme posséder d'autres atouts qui pourraient lui permettre de tirer son épingle du jeu.
« Je suis né à Sherbrooke, mais avec mes parents, j'ai vécu au Nigéria, en Côte d'Ivoire, en Nouvelle-Écosse, en Argentine, au Liban, et aujourd'hui, je vis à Montréal. Juste de vivre l'expatriation comme ça, je pense que ça m'a permis de connaître différentes cultures, différentes façons de penser, et d'acquérir une excellente capacité d'adaptation. »
Vincent Beaudry s'est également démarqué dans plusieurs disciplines sportives, dont l'escrime. Il aurait même pu se présenter aux Jeux olympiques dans ce sport, comme l'a fait son jeune frère, Philippe Beaudry, s'il n'avait pas plutôt choisi de se concentrer sur ses études universitaires.
« Être en mesure de gérer son stress dans un sport de haut niveau comme ça, en même temps que ses études et sa vie sociale, je pense que ça démontre une rigueur qui est importante à avoir si on espère être astronaute », souligne le Sherbrookois.
Mission spatiale?
Contrairement à la croyance populaire, tous les astronautes ne participent pas à des missions spatiales. Les voyages dans l'espace ne sont qu'une des nombreuses tâches que les astronautes peuvent être amenés à accomplir.
« C'est une minorité qui a la chance de se rendre dans l'espace, indique M. Beaudry. Les autres sont en poste pour aider à former les prochaines missions, pour être le relais entre la navette spatiale et la Terre, pour entraîner les recrues, etc. »
Mais Vincent Beaudry ne le cache pas : se rendre dans l'espace représente le rêve ultime, la « cerise sur le sundae », comme il dit.
« Tous les astronautes s'entraînent pour y aller, mais je pense que le fait de pouvoir participer à ce programme spatial, de prendre part à ce dépassement des technologies et ce dépassement de soi, d'aller au-delà du connu, c'est plus grand que de juste aller dans l'espace. »
L'identité des deux nouveaux membres du corps canadien des astronautes devrait être annoncée cet été, puisque ceux-ci amorceront leur formation à la NASA en août, à Houston, au Texas. D'ici là, Vincent Beaudry devra se soumettre à une multitude d'autres examens. Pour conserver « un élément de surprise », l'Agence spatiale canadienne ne peut dévoiler la nature de ces épreuves, mais précise que le leadership, les capacités de résolution de problème et les aptitudes au travail d'équipe des candidats seront évalués.
Depuis 1983, 12 Canadiens ont été sélectionnés pour devenir astronautes. Dix d'entre eux sont maintenant retraités de l'Agence spatiale canadienne, ce qui laisse seulement deux astronautes actifs, Jeremy Hansen et David Saint-Jacques.