Le diplômé de l’UdeS Nicolas Marcoux a commencé ses stages chez PwC en 1989. Il n’est jamais reparti et se retrouve aujourd’hui à la tête de la division canadienne du cabinet, qui compte 7400 employés.

Un Sherbrookois écrit une page d’histoire en prenant la tête de PwC Canada

Nicolas Marcoux a écrit une page d’histoire en 2018 en devenant le premier francophone élu à la tête de PwC Canada, une première en plus de 110 ans d’existence. Le Sherbrookois serait également le premier francophone à diriger sur le marché canadien un des quatre plus importants cabinets comptables sur la planète.

« Être le premier francophone me rend fier. C’est surtout une victoire collective de la communauté d’affaires de Montréal. À la suite de mon élection, j’ai eu beaucoup de soutien et de félicitations. Même de mes concurrents. Je me sers de mon français partout où je vais au Canada pour me démarquer. À Vancouver, à Calgary et à Toronto, où il y a plusieurs personnes qui parlent français dans la communauté d’affaires », explique l’ancien élève du Séminaire de Sherbrooke qui a appris son anglais à l’ancienne école primaire Marymount, à une époque où les francophones pouvaient encore fréquenter l’école anglophone.

M. Marcoux a commencé à travailler chez PwC comme stagiaire alors qu’il était étudiant en administration à l’Université de Sherbrooke. Il n’a finalement eu qu’un seul employeur dans sa carrière.

« Mon père était entrepreneur immobilier et je souhaitais avoir une bonne formation pour devenir, moi aussi, entrepreneur. J’avais prévu travailler deux ans en cabinet et après passer à autre chose. Finalement, je ne suis pas très bon en planification de carrière », lance en riant celui qui célèbre ses 30 ans au sein de l’organisation.

À la suite d’un processus de six mois qui comptait au départ cinq candidats, les 400 associés des 25 bureaux canadiens ont voté et ils ont choisi M. Marcoux comme nouveau président-directeur général de PwC Canada, qui compte quelque 7400 employés. Avant son élection, M. Marcoux était le seul francophone dans l’équipe de direction de PwC Canada, qui compte 24 membres. Aujourd’hui, ils sont trois.


« Christian Dubé a été un de mes mentors comme plusieurs autres associés chez PwC. »
Nicolas Marcoux

« J’ai commencé en certification puis j’ai transféré en fusion-acquisition. À ce moment, Christian Dubé, qui est maintenant président du Conseil du trésor, était à la tête du département qui comptait alors trois personnes. Lui, une adjointe et moi. »

« Christian Dubé a été un de mes mentors comme plusieurs autres associés chez PwC, je pense à Russell Goodman et Guy LeBlanc. Sur les bancs d’école, mon professeur Roger Noël avait aussi été un mentor en me démontrant qu’un comptable agréé pouvait faire autre chose que de la vérification. Ensuite il y a eu Raymond Royer qui m’a appris que les faibles s’entourent de faibles et les forts s’entourent de forts », note l’expert en transactions, ajoutant que l’équipe l’entourant est responsable de son succès.

Le Groupe CGI, Transcontinental, la Banque Royale, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ font notamment partie des clients pour qui il a fait des mandats. Alors qu’il était associé-directeur du Québec, le bureau de Montréal est celui qui a connu la plus forte croissance tant parmi les bureaux canadiens de PwC que parmi les bureaux canadiens des « big four », soit Deloitte, EY, KPMG et bien sûr PwC.

À travers le monde, PwC compte 250 000 employés répartis dans 158 pays.

Faire une différence

Le désir de faire une différence est ce qui motive M. Marcoux à se lever le matin. « Une différence pour nos gens, nos clients et la communauté », précise celui qui participe aux conseils d’administration de la Fondation Jeunes en Tête, l’Orchestre Symphonique de Montréal, Ski Québec Alpin et la Fondation de Recherche en Administration de l’Université de Sherbrooke (FRAUS).

Le PDG passe environ 60 pour cent de son temps à Toronto, 20 pour cent à Montréal et un autre 20 pour cent ailleurs au Canada ou dans le monde.

Malgré tous ses déplacements, M. Marcoux est très attaché à sa région natale. Ses parents vivent toujours à Sherbrooke. Son fils aîné est étudiant à l’UdeS à l’École de gestion. La famille a un chalet au lac Memphrémagog. « On y va toutes les fins de semaine religieusement. On fait du ski au Mont-Orford et mes trois enfants ont tous fait partie du club de compétition de la montagne », souligne le père de famille.

PwC compte quatre bureaux au Québec, soit à Montréal, Québec, Gatineau et Brossard. Le plan est d’en ouvrir un cinquième prochainement sur la Rive-Nord de Montréal. Et ensuite, possiblement à Sherbrooke. « J’éprouverais une grande fierté d’ouvrir un bureau à Sherbrooke, soit par acquisition d’un cabinet ou par acquisition de talents. Tout dépendra des opportunités », conclut l’associé de 49 ans.