Et si un robot permettait de mieux diagnostiquer des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme? C’est l’avenue prometteuse qu’a démontré l’utilisation d’un robot auprès d’enfants ayant eu un tel diagnostic et un second groupe qui n’en avait pas reçu, soit après d’enfants dits « neurotypiques ».

Un robot pour aider à diagnostiquer l’autisme

Et si un robot permettait de mieux diagnostiquer des enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)? C’est l’avenue prometteuse qu’a démontrée l’utilisation d’un robot auprès d’enfants ayant eu un tel diagnostic et un second groupe qui n’en avait pas reçu, soit auprès d’enfants dits « neurotypiques ». Les résultats d’une équipe de l’Université de Sherbrooke et du CIUSSS de l’Estrie-CHUS seront présentés ce mercredi, dans le cadre du congrès de l’ACFAS, qui se déroule en Outaouais.

Le robot a été testé auprès de 19 enfants. « C’est une avenue prometteuse pour complémenter et soutenir ce qu’on fait déjà, les évaluations déjà en place (...) Le but était de regarder s’il pouvait complémenter ces évaluations pour apporter davantage d’informations qu’on ne peut pas aller chercher habituellement », explique Audrée Jeanne Beaudoin, chercheuse au CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui a travaillé sur ce projet à titre de professionnelle de recherche. Mme Beaudoin, qui fera la présentation du projet, précise qu’il s’agit d’une phase pilote.

« On a vu qu’il serait capable de discriminer des enfants qui ont déjà un diagnostic de TSA par rapport à ceux qui n’en ont pas, qu’on appelle neurotypiques, donc ce sont des enfants qui se développent correctement et qui n’ont pas d’autres troubles comportementaux. Par contre, la deuxième phase, s’il y en a une, ce serait de voir si on peut aider pour les diagnostics des cas complexes, qui ont peut-être d’autres comorbidités, un TDAH, un trouble de l’attachement... »

Augmenter la quantité des informations disponibles s’avère majeur puisque le diagnostic du TSA est basé sur l’observation de l’enfant. L’importance de diagnostiquer les enfants tôt est cruciale : un diagnostic précoce du TSA favorise un meilleur pronostic.

Un robot lumineux

La présentation démontre que robotiser une partie de l’évaluation pourrait faire ressortir certains comportements difficilement évaluables durant l’évaluation du TSA.

Les chercheurs ont remarqué que les enfants neurotypiques et ceux ayant un TSA « agissent différemment et positivement lors de l’interaction avec le robot ». « L’enjeu principalement, c’était de voir si le robot avait une pertinence pour aller chercher une partie des symptômes qu’on appelle les comportements stéréotypés (...) des maniérismes que l’on voit au niveau des mains et du visage, qui souvent sont l’expression qu’on va voir quand les enfants sont très excités. Avec les outils standardisés (...), on a peu accès à l’enfant excité qui va avoir ces manifestations-là. L’hypothèse c’était que d’avoir un robot lumineux, qui bouge, pourrait être un stimulus plus excitant », explique Mélanie Couture, professeure à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et chercheuse au Centre de recherche du CHUS. Ce stimulus permettrait de voir des maniérismes de l’enfant qui sont des marqueurs de l’autisme.


« L’hypothèse c’était que d’avoir un robot lumineux, qui bouge, pourrait être un stimulus plus excitant. »
Mélanie Couture, professeure

La première mouture du robot remonte à 1999, précise François Michaud, professeur à l’Université de Sherbrooke qui a pris part au projet. « On travaille avec la clientèle autiste depuis 1999 », souligne-t-il. Il y a donc eu plusieurs versions du « robot-boule »; cette version a été développée pour faire l’évaluation du TSA chez les enfants en bas âge. Le robot peut générer des sons, de la lumière, du mouvement. « Il est contrôlé par le thérapeute avec une tablette pour mieux suivre les protocoles d’observation. »

François Michaud fait état de quelques défis techniques à relever avant de penser à un grand déploiement, dont des ajustements sur le son. Le défi pour les entreprises qui souhaitent commercialiser ce genre d’outils est aussi d’arriver à « trouver un prix pour le vendre à un coût raisonnable », sans compter la question de la certification.