La vente rapide du stationnement Magog la semaine dernière a coupé l’herbe sous le pied du propriétaire de l’immeuble situé au coin Dufferin et Frontenac, Sylvain Yargeau, qui voulait ouvrir une auberge écoresponsable en septembre.

Un projet hôtelier en péril au centre-ville?

Un projet hôtelier au centre-ville est en péril. La vente du stationnement Magog pourrait compromettre la mise en branle des activités d’une future auberge située au coin des rues Dufferin et Frontenac, dont l’ouverture est prévue au mois de septembre.

Situés aux deux étages supérieurs, six appartements et 13 chambres seront loués aux touristes qui visiteront le centre-ville de Sherbrooke. La Tribune a pu visiter les installations et constater que les travaux sont amorcés. 

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Le seul manquement, ce sont les espaces de stationnement selon le propriétaire de l’immeuble, Sylvain Yargeau. « C’est assez simple, il faut un stationnement de proximité avec la plus grande facilité, sur le même niveau, sans effort de monter une côte. Le stationnement Magog est l’endroit idéal. [...] Pour y arriver, j’ai besoin de cases de stationnement. C’est un enjeu majeur. J’ai besoin de 20 espaces pour amener une manne au centre-ville », considère-t-il. 

« La question du stationnement doit être résolue avant la mi-septembre, poursuit M. Yargeau. Il faudra un débarcadère et 20 places de stationnement de proximité. »

« Les travaux achèvent, indique M. Yargeau. Ce sera prêt à la mi-septembre. Ce n’est pas un rêve, je suis près de l’ouverture. C’est le temps de le considérer. Tous les commerçants sont fragilisés par cette nouvelle », considère celui qui possède ce bâtiment depuis 2006. 

« Pas insurmontable »

Le président de Commerce Sherbrooke, Rémi Demers, assure que le défi est surmontable. « On ne se privera pas d’un projet aussi intéressant que celui-là pour une question de stationnement. Il y a une vente d’autorisée, mais il y a d’autres possibilités. Une vingtaine de cases, ce n’est pas insurmontable », assure le conseiller du district de l’Hôtel-Dieu.

« C’est une bonne nouvelle sur la rue Frontenac, insiste-t-il. On va faire des pieds et des mains pour l’accompagner dans cette démarche et qu’il ait le nombre de places de stationnement nécessaire. C’est sûr que notre nouvelle politique de stationnement bouleverse nos petites habitudes. »

M. Demers affirme que des discussions ont déjà eu lieu entre l’organisme et le promoteur. Cependant, il n’a pas possession de tous les détails, comme le nombre d’unités et le besoin de cases de stationnement. « Ce qui est important, c’est de regarder de manière la plus précise possible les besoins. Notre rôle, c’est d’être facilitant au niveau de la Ville de Sherbrooke. Il y a aussi des possibilités d’espace sur rue pour l’accès », analyse-t-il.

« Je comprends que le dossier de M. Yargeau est encore à finaliser, continue-t-il. Nous n’avons pas encore reçu toutes les informations [...] À l’égard du stationnement qui a été vendu, je n’avais jamais eu vent qu’il y avait de l’intérêt pour ces places. On y va avec l’information qu’on a. »

Est-ce que des choses auraient pu changer si Commerce Sherbrooke avait été au courant des besoins de M. Yargeau ? « Lorsqu’on est au courant de façon plus précise des besoins, comme élu municipal, ça nous amène à challenger davantage nos services. Ce n’est pas de l’information qu’on avait de manière précise », répète-t-il. 

Le promoteur et propriétaire de l’immeuble, Sylvain Yargeau, aimerait que son établissement soit écoresponsable.

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Une auberge écologique

Le promoteur de l’auberge qui serait situé au centre-ville, Sylvain Yargeau, souhaite que son établissement soit écoresponsable. 

« Le projet est né dans le but de trouver une option concrète face au réchauffement planétaire et à l’extinction des espèces, explique-t-il. C’est une stratégie qui se veut de jouer au touriste de façon créative et durable. C’est une opportunité de philosopher sur le déplacement et de créer un lieu de rassemblement pour appuyer des réflexions déjà approfondies. » 

Un petit marché bio ouvert au public verrait le jour dans la réception, qui serait située au 141 de la rue Frontenac. Une boutique de vêtement et un atelier de couture, une zone spectacle de thématique burlesque accueillant 80 personnes et une école de yoga dans les sous-sols de l’édifice, qui font face à la rivière Magog, sont également prévus. Les plans sont approuvés par la Ville de Sherbrooke, mais selon M. Yergeau, les élus l’ont oublié lorsqu’est venu le temps de vendre le stationnement Magog au Groupe Custeau. Un toit nourricier et un balcon donnant sur la rivière pourraient aussi voir le jour à plus long terme. 

Les commerces situés au rez-de-chaussée, dont le Kaapeh, le restaurant Kalypso et Objectif Santé conserveront leur pignon sur rue. 

Le président de Commerce Sherbrooke, Rémi Demers, avoue que le concept est « une excellente idée ». « C’est le cœur de notre ville, avec toute l’amélioration qu’on veut apporter, on veut amener des gens à résider au centre-ville et des touristes qui y couchent. C’est une bonne nouvelle, ça cadre très bien avec ce qu’on a comme désir de développer. Il y a un besoin, même un manque à ce niveau. Il y a clairement une opportunité d’affaires de notre point de vue », résume-t-il.