De gauche à droite : l’administratrice de la page Black Estrie, Angélique Goguen-Couture, et la fondatrice, Aïssé Touré.
De gauche à droite : l’administratrice de la page Black Estrie, Angélique Goguen-Couture, et la fondatrice, Aïssé Touré.

Un peu de brillance sur Black Estrie

Andréanne Beaudry
Andréanne Beaudry
La Tribune
Ils sont artistes, sportifs, entrepreneurs, professionnels, le profil varie, mais ils ont tous en commun de briller au sein de la collectivité estrienne... et d’être issu de la communauté noire.

Et depuis quelque temps, ils font aussi la manchette des pages Facebook et Instagram de Black Estrie, initiative de la Sherbrookoise Aïssé Touré, inspirée par les récents bouleversements et les manifestations Black Lives Matter.

La communauté manque de visibilité et mérite de briller davantage, fait valoir cette infirmière clinicienne, mère de trois enfants, qui souhaite promouvoir des modèles issus de la communauté noire en Estrie.

« Le but est de faire briller les gens qui ne sont pas assez visibles, malheureusement », mentionne la fondatrice du projet Black Estrie.

De telles pages existent déjà un peu partout, à Montréal comme en France, souligne Aïssé Touré, qui s’est donc inspirée de ce qui existait déjà pour lancer le mouvement en Estrie. 

Sur la page, des photos, des vidéos parfois, et de courts textes de présentation de diverses personnes issues de la communauté. Des gens triés sur le volet pour leur personnalité inspirante par l’administratrice de la page, Angélique Goguen-Couture, qui va leur présenter le projet et leur soumettre un questionnaire. Aïssé Touré synthèse ensuite l’information, bonifie aussi de témoignages de personnes issues de la communauté d’accueil.

« Je suis comme une chasseuse de têtes », ricane la fondatrice à propos de son implication dans le projet Black Estrie.

Ouverture

À long terme, Aïssé Touré aimerait bien que Black Estrie devienne une page ou un média à l’affût de la culture noire au Québec. 

« On m’a demandé pourquoi je n’avais pas intégré d’autres minorités. C’est une bonne suggestion, mais pour l’instant je me concentre sur la communauté noire. Bref, je ne veux surtout pas être décrite comme une personne pro-black, car mon but est d’illustrer l’intégration de personnes dans leur société d’accueil qui est la société québécoise », précise-t-elle. 

Une fois Black Estrie bien lancé, elle aimerait de façon ponctuelle mettre en lumière d’autres minorités culturelles, assure encore Aïssé Touré. 

« Nous sommes une minorité, mais nous participons à l’économie de la province. Nous participons aussi d’une manière ou d’une autre avec nos talents. C’est vraiment le but de mon projet, et j’y tiens vraiment », ajoute Aïssé Touré qui souhaite ainsi inspirer autant ses trois enfants que la communauté estrienne.