Un père des Servites accusé de gestes à caractère sexuel commis sur un garçon

Le père Jacques Desgrandchamps a été formellement accusé, vendredi, de gestes à caractère sexuel commis sur un jeune garçon au Collège Servites d’Ayer’s Cliff dans les années 70.

L’individu de 86 ans n’était pas présent pour sa comparution devant le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

À lire aussi:

Malgré les accusations d’agressions sexuelles, l’équipe de Servite poursuit sa mission

Collège Servite: plus de 15 M$ réclamés à des religieux

L’action collective de deux anciens du Collège Servite a été autorisée

Le père Desgrandchamps est accusé d’attentat à la pudeur et de grossière indécence sur une victime mineure de sexe masculin entre le 1er septembre 1976 et le 30 juin 1977 à Ayer’s Cliff.

La victime alléguée, un homme maintenant  âgé  de 57 ans, a étudié au Collège Servites d’Ayer’s Cliff dans les années 1970. Le père Desgrandchamps, qui y enseignait, réside aujourd’hui à Ottawa. 

C’est la procureure aux poursuites criminelles Me Marilène Laviolette qui a autorisé les accusations dans ce dossier, alors que Me Gérard Larocque assure la défense de l’accusé.

En novembre 2018, le cabinet d’avocats Kugler Kandestin a déposé un recours collectif de plus de 15 millions $ contre les Frères du Sacré-Coeur visant entre autres le Collège Servites, situé à Ayer’s Cliff, et la congrégation des Servites de Marie. 

Ayant recueilli les témoignages de plusieurs anciens élèves de cette école, la firme montréalaise allègue que de nombreuses agressions sexuelles se sont déroulées à l’intérieur de celle-ci entre 1960 et 2000.

Dans la requête soumise par Kugler Kandestin, on nomme une quinzaine de religieux de la congrégation des Servites de Marie qui se seraient rendus coupables d’agressions sexuelles sur des mineurs.

Le nom du père Jacques Desgrandchamps a été le premier à être dévoilé par la firme d’avocats dans sa demande d’action collective en 2017. 

Dans la requête, on soutient qu’un élève qui avait 12 ans à l’époque se rendait régulièrement retrouver le père Desgranchamps à sa chambre du pensionnat réservé aux garçons.

Selon la requête, le père Desgrandchamps lui aurait confié certaines tâches liées à ses occupations d’enseignant. Il lui aurait aussi fait boire de l’alcool à maintes reprises, dans sa chambre pourtant interdite aux enfants.

Un soir, au lieu de lui demander d’exécuter des tâches liées à l’école, le religieux l’a invité à dormir dans sa chambre parce qu’il était « trop tard pour retourner au dortoir » des élèves.

Le garçon se serait allongé dans un petit lit à une place, à l’initiative du père en situation d’autorité. Le religieux lui aurait baissé son pantalon pour lui faire des gestes à caractère sexuel.

La victime alléguée affirme avoir conservé des séquelles de cette partie de sa vie. Il demeure « avec une rage intérieure » et aurait vécu une série de périodes dépressives.

Après le dépôt de cette action collective, le père Desgrandchamps a été suspendu de tout ministère de l’Archidiocèse d’Ottawa.

Le religieux était encore actif dans à la paroisse Saint-Antoine de Padoue, à Ottawa, jusqu’à sa suspension.


•    Avec Jean-François Gagnon et Louis-Denis Ébacher (Le Droit)