Les personnes ayant un premier épisode psychotique ont longtemps eu plusieurs portes d’entrée dans le système hospitalier. Le nouveau service permettra de leur répondre plus rapidement.

Un nouveau service pour les jeunes vivant un premier épisode psychotique

Les jeunes qui présentent un premier épisode psychotique (PEP) ont longtemps eu plusieurs portes d’entrée dans les urgences de la région. Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a mis en place un nouveau service afin de mieux les soutenir et, du même coup, diminuer les risques de récidives.

Le service du « Premier épisode psychotique » s’adresse aux 12 à 35 ans. La psychose est « un trouble mental sérieux », qui se caractérise par une perte de contact avec la réalité. Ce trouble peut entraîner des hallucinations, des émotions exagérées ou encore des propos bizarres et décousus. Environ 3 % de la population en sera atteinte au cours de sa vie et 47 % des cas de PEP sont une manifestation de la schizophrénie.

Quelles sont les différences, concrètement, entre l’ancienne façon de faire et la nouvelle?

« Dans les 72 heures, on donne un premier rendez-vous téléphonique à la personne pour une entrevue d’évaluation », note Annie Laliberté, chef de service en santé mentale, services externes et hôpital de jour au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. « Avant, c’était assez diffus au niveau des portes d’entrée. »

Elle souligne qu’auparavant, les gens pouvaient autant passer par les urgences que la DPJ.

« Une des choses importantes, c’est d’intervenir précocement dans les signes de la psychose. Plus tôt on intervient, meilleur est le pronostic final de réinsertion socioprofessionnelle de la personne. » Plus la personne est traitée tôt, plus les chances sont meilleures de contrôler et d’arrêter la progression des symptômes.

Sans médication, une personne a 80 % de chances de récidive. Avec la médication et l’approche psychosociale, le risque chute à 20 %, illustre Mme Laliberté. Les personnes peuvent ensuite vivre des conséquences graves, allant de l’invalidité aux problèmes judiciaires.

Selon elle, 80 % de la population ayant un premier épisode psychotique est âgée entre 15 et 25 ans. « À 12 ans, c’est plutôt exceptionnel, mais on voulait quand même offrir le service lorsque ça pouvait se présenter. C’est une équipe qui est vraiment spécialisée et dédiée au premier épisode de psychose. Donc elle est formée pour intervenir, autant avec le patient qu’avec ses proches. »  

Les interventions de l’équipe sont élaborées entre différents intervenants, dont les champs d’expertise varient des soins infirmiers à la psychiatrie, en passant par l’ergothérapie.

La légalisation du cannabis au Québec étant à nos portes, est-ce que celle-ci soulève des préoccupations pour les risques de psychose? « C’est sûr que quelqu’un qui va présenter une fragilité psychotique, le cannabis peut la faire déclencher à ce moment-là. C’est sûr qu’à la base, ça va prendre une fragilité psychotique. C’est comme si le cannabis pouvait accélérer un peu les symptômes. C’est certain que l’on est préoccupé par ça », répond Mme Laliberté, en spécifiant qu’elle n’est pas psychiatre, mais qu’il y a bel et bien des préoccupations à ce sujet.