C'est un décès unique qui a secoué l'indifférence généralisée à l'égard de la guerre en Syrie, celui d'Aylan Kurdi, ce garçon de 5 ans noyé en tentant de fuir son pays et photographié sur une plage turque, face contre terre. 

Un monument pour immortaliser le petit Aylan Kurdi

La photo d'Aylan Kurdi demeurera gravée dans l'imaginaire collectif comme un rappel percutant de l'indifférence humaine. À Sherbrooke, un monument tâchera dorénavant de nous le remémorer.
Serge Provost s'en souviendra longtemps. Le matin où il a vu l'image du petit Aylan Kurdi, échoué sur une plage turque face contre terre, tout son être s'en est ressenti. Devant cette insoutenable vision, celui qui est propriétaire des Monuments Provost ne pouvait demeurer inactif.
Il a entrepris d'ériger un monument commémoratif à la mémoire du bambin qu'il a installé au Cimetière Saint-Michel de Sherbrooke, tous près de ses bureaux.
«Ce matin-là, la gorgée de café est passée de travers, se remémore-t-il. J'ai un petit fils de 4 ans et ça m'a secoué de penser que ton sort dépend de l'endroit où tu viens au monde. Je savais que j'allais le faire et j'ai mis tout le monde autour de moi devant le fait accompli.»
En plus de la réalisation du monument, M. Provost a acheté un lot au cimetière afin d'y installer la pierre. Des dépenses de quelques milliers de dollars selon M. Provost, qui souligne toutefois que l'argent n'a jamais représenté un obstacle.
«Je ne cherche pas à avoir de la reconnaissance, je ne l'ai pas fait pour de la publicité non plus. L'image m'a choqué et il n'y a pas plus de raisons que ça, explique-t-il. Il y en a qui vont dire que je n'avais pas d'affaires à faire ça. Ils ont peut-être raison, mais c'est fait, c'est là pour rester, pour que ce ne soit pas arriver en vain et pour qu'en s'en souvienne.»
La crise a beau se dérouler à des milliers de kilomètres d'ici, le souvenir d'Aylan Kurdi est maintenant immortalisé jusqu'à Sherbrooke.