Les membres de deux syndicats du CIUSSS de l’Estrie-CHUS ont manifesté mercredi lors de la séance du conseil d’administration, soit l’APTS et le SCFP. Le SCFP souhaitait faire entendre son insatisfaction « face à l’inaction de la direction de l’établissement devant le naufrage des conditions de travail et, par le fait même, de plusieurs soins aux patients ».

Un hiver « achalandé mais en contrôle » au CIUSSS de l'Estrie

Les patients affluent dans les hôpitaux et les autres établissements de santé du CIUSSS de l’Estrie-CHUS en ce moment – comme à tous les hivers. Cependant, la situation actuelle est beaucoup mieux contrôlée que l’hiver dernier.

Les patients affluent dans les hôpitaux et les autres établissements de santé du CIUSSS de l’Estrie-CHUS en ce moment – comme à tous les hivers. Cependant, la situation actuelle est beaucoup mieux contrôlée que l’hiver dernier.

« Malgré le fort achalandage dans les salles d’urgence, supérieur à l’année passée, nous réussissons mieux que l’an passé à pareille date à maintenir l’accessibilité dans les salles d’urgence, en imagerie et en chirurgie », soutient Robin-Marie Coleman, directrice générale adjointe, volet santé physique, lors de la séance du conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, tenue mercredi soir.

« C’est une période achalandée, mais en contrôle », ajoute Josée Paquette, directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Nous avons appris plusieurs choses de l’expérience de l’hiver passé, et nous avons posé plusieurs actions qui ont porté leurs fruits pour que cette période hivernale se passe mieux », précise Mme Colemen.

Si les patients ont un lit ou une civière où se reposer quand leur état nécessite une hospitalisation, nombreux sont cependant les employés à être essoufflés, voire exténués. 

« Dans nos pilotages, nous travaillons toujours pour trouver l’équilibre entre la pression sur les ressources humaines et l’accessibilité aux salles d’urgence, à la chirurgie et à l’imagerie. Mais je suis très prudente dans ce que je dis, car je sais qu’il y a des journées, dans certaines installations, où c’est difficile. Par contre, contrairement à l’an passé, ça se compte par journées, pas par longues périodes. Je tiens encore une fois à souligner l’engagement de notre personnel », ajoute Robin-Marie Colemen.

Cliniques d’hiver

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’a toujours pas mis sur pied de « clinique d’hiver », comme l’avait demandé la ministre de la Santé et des Services sociaux Danielle Mc Caan.

« Nous avons un modèle assez unique en Estrie avec une collaboration exceptionnelle de nos groupes de médecine de famille (GMF). Les GMF ont répondu à notre demande, ils offrent plus de plages horaires de sans rendez-vous à leur clientèle. Des heures ont été rajoutées dans les cliniques », explique Mme Colemen.

« On travaille avec l’engagement des milieux plutôt que dans le fait d’imposer des choses, comme on l’a fait avec la prise en charge de patients », précise pour sa part Dre Raymonde Vaillancourt, chef du Département régional de médecine générale (DRMG). 

En processus de médiation

Les membres de deux des quatre syndicats ont manifesté mercredi lors de la séance du conseil d’administration, soit l’APTS qui représente les techniciens et professionnels de la santé et des services sociaux, ainsi que la section locale 4475 du SCFP qui représente le personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers.

Ces deux syndicats ne sont toujours pas parvenus à s’entendre avec la direction du CIUSSS sur une convention collective locale au terme de plus d’un an de négociations. Les discussions se poursuivent devant une médiatrice, qui pourra se transformer en arbitre si nécessaire.

Le processus de médiation prendra fin à la mi-mars.

À ce stade, les deux syndicats peuvent-ils espérer en arriver à des ententes négociées?

« Les choses avancent », a déclaré Emma Corriveau, présidente de la section locale 4475 du SCFP.

Du côté de l’APTS, les rencontres entre la médiatrice et les parties patronale et syndicale se déroulent bien, mais le fossé semble encore important entre les deux parties. À ce jour, il y a entente sur seulement 13 des 26 matières à négocier.

« Nous avons eu plus de 50 rencontres avec l’APTS. La pression est importante de part et d’autre, nous voulons en arriver à une entente négociée. Mais nous arrivons à la fin du processus avec la médiatrice. Il faut être réaliste, je pense qu’il y a peut-être d’autres leviers qu’il faut utiliser à ce moment-ci », a expliqué Josée Paquette. 

Le représentant national de l’APTS, Emmanuel Breton, a pour sa part réitéré l’intention ferme de l’APTS d’en arriver à une entente négociée le plus rapidement possible.