Le taux de taxation des contribuables sherbrookois représente un sujet très sensible pour les candidats à la mairie. —

Un gel pour Lussier, l’IPC pour Pigot

L’indice des prix à la consommation (IPC) demeurera une cible pour la plupart des candidats à la mairie, quand viendra le temps d’établir le taux de taxation. Pendant que Bernard Sévigny demeure prudent et ne fait pas de promesse ferme, Steve Lussier maintient qu’il imposera un gel de taxes la première année.

« La réalité, c’est que la cible demeure l’IPC, mais il y a des éléments qu’on ne contrôle pas comme le déficit des caisses de retraite. Que vous le vouliez ou non, c’est une obligation légale. Dans le compte de taxes 2017, y’a 7 % du compte de taxes qui va dans les caisses de retraite et ce sera comme ça pour les cinq prochaines années. Il reste 70 M$ à payer. C’est arrivé malheureusement qu’il a fallu déborder de l’IPC avec des éléments qu’on ne contrôle pas », résume Bernard Sévigny.

Hélène Pigot, de Sherbrooke Citoyen, promet de s’aligner sur l’IPC. « Nous avons pris un engagement très ferme pour dire que nous n’augmenterons pas les taxes au-delà de l’inflation. On va garder cet axe. Ce qui est important, c’est que le processus budgétaire sera transparent. Très vite, les citoyens sauront à quoi s’en tenir en matière de taxes et de budget. Si jamais il y avait un projet structurant qui était très important pour Sherbrooke, on partirait en consultation avec les citoyens pour savoir s’ils préfèrent le projet ou maintenir les taxes sous l’inflation. »

Pour Steve Lussier, il faut un gel la première année. « L’engagement, après 12 % d’augmentation de taxes au cours des quatre dernières années, il faut faire un gel de taxes dans la première année pour redonner quelque chose aux citoyens. D’aller au taux d’inflation après, c’est super. »

« Je vois que l’ancienne administration a quand même pas mal augmenté les taxes et il y a une grosse insatisfaction de la population. De l’autre côté, je vois un candidat qui nous dit : la première année, il y aura un gel de taxes. Vous ne trouvez pas que c’est électoraliste, un peu bonbon à la population? », a attaqué Mme Pigot.

« Vous avez raison, mais ils sont rendus là les citoyens. Ils n’en peuvent plus. C’est juste pour faire une démarcation », répond Steve Lussier.

« Après, le problème, c’est que vous allez vous rendre compte que le bonbon que vous avez donné à la population, avec l’inflation, vous aurez un problème. Dans la deuxième année, vous serez obligé de monter les taxes », rétorque encore Hélène Pigot.

Patrick Tétreault, lui, juge que ce n’est pas une bonne stratégie de réduire les taxes.

À savoir si les candidats comptent imposer une taxe supplémentaire aux automobilistes pour financer le transport en commun, tel que le permet désormais la loi 122, Denis Pellerin et Steve Lussier sont catégoriques : non!

« C’est sûr que nous n’irons pas piger dans les poches des citoyens. Les citoyens ont payé suffisamment au cours des quatre dernières années », dit Steve Lussier.

« Ce n’est pas dans notre programme, mais nous avons bien dit que nous allions diversifier les sources de revenus. Effectivement, il y a des pouvoirs aux municipalités. On les regardera », répond Hélène Pigot.

« Ce sera à analyser sur le fond. Ça fait partie du bouquet de nouvelles mesures que le monde municipal est allé chercher dans la loi 122. Ça appartiendra au prochain conseil d’analyser la portée de ces éléments-là », dit Bernard Sévigny.