Arrêté, accusé, puis maintenu en garde fermée, l’adolescent de 15 ans qui s’était radicalisé a plaidé coupable, vendredi, devant la juge Lise Gagnon de la chambre de la jeunesse de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke, à une accusation liée au terrorisme.

Un Estrien de 15 ans voulait joindre Daech

« Je vais défendre l’Islam, tuer les mécréants, éliminer les ennemis de Allah. »

Ce type de propos sur le média social de messagerie instantanée Snapchat l’hiver dernier a rapidement mis le radar sur un adolescent de la région de l’Estrie.

Arrêté, accusé, puis maintenu en garde fermée, l’adolescent de 15 ans qui s’était radicalisé a plaidé coupable, vendredi, devant la juge Lise Gagnon de la chambre de la jeunesse de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke, à une accusation liée au terrorisme.

Il sera non seulement évalué en vue de la confection d’un rapport prédécisionnel, mais aussi par un psychiatre au cours des prochaines semaines afin d’éclairer le tribunal relativement aux propos inquiétants qu’il a tenus devant son ordinateur.

Il a plaidé coupable à l’accusation d’avoir transmis des renseignements qui, compte tenu du contexte, sont susceptibles de faire raisonnablement craindre des activités terroristes entre le 29 mars et le 6 juin.

En février 2018, l’adolescent s’était converti à l’islam et à sa pratique en respectant les codes de la religion. Il s’était isolé et avait développé un intérêt pour les attentats perpétrés en France. Il devenait de plus en plus agressif envers ses proches.

L’enquête du centre antiradicalisation a commencé à la suite de propos tenus par l’adolescent avec un autre individu.

Le jeune Estrien projetait de se rendre en Irak au cours de l’été 2018 pour d’abord s’entraîner avec Daech parce que c’était « ce que Allah veut ».

Lors de cette conversation, relatée par la procureure aux poursuites criminelles Me Francine Gilbert devant le tribunal, l’adolescent a mentionné « qu’il ne voulait pas tuer n’importe qui, mais seulement ceux que souhaite Allah ».

L’adolescent avait mentionné avoir été recruté par un djihadiste français vraisemblablement impliqué dans les attentats terroristes de novembre 2015 en France et le recrutement d’enfants-soldats.

L’accusé disait ne pas vouloir tuer de civil, mais se former en Syrie au sein du Groupe armé État islamique.

« On doit tuer les mécréants, les infidèles d’Allah », a répété l’adolescent à son interlocuteur dont la conversation a été scrutée par le centre antiterroriste de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

L’accusé a fait plusieurs recherches sur Internet à ce sujet au fil des mois.

À une autre occasion lors d’un jeu en ligne, il avait tenu des propos antisémites « qu’il fallait tuer les Juifs ».

« Je vais me faire exploser au Canada. Je vais faire plus gros que le 11 septembre », a-t-il affirmé, faisant référence aux attentats perpétrés aux États-Unis en 2001 notamment contre les tours jumelles du World Trade Center à New York.

Les observations sur la peine seront fixées en septembre prochain. Des témoins y seront assignés.

L’avocate de la défense, Me Mireille Leblanc

L’avocate de la défense Me Mireille Leblanc a indiqué qu’un suivi avait été entrepris avec l’adolescent depuis son arrestation.

« Il accepte l’aide. Il fait déjà un suivi avec un psychologue », soutient Me Leblanc.

Accusé le 21 juin dernier, la remise en liberté de l’adolescent lui avait été refusée par la juge Gagnon qui le considérait comme endoctriné et incapable de respecter l’autorité.

Les parents de l’adolescent étaient présents au palais de justice de Sherbrooke lors du plaidoyer de culpabilité.

L’adolescent demeure en garde fermée en attendant les observations sur la peine.