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Yves Crépeau, président du C.A. de La Vigile, Geneviève Arguin, directrice générale de la Vigile et François Lemay, président de la Fédération des policiers et policières du Québec, ont accueilli avec joie le don de 5000 $ de l’Association des policiers et policières de Sherbrooke, représentée ici par Éric Beaudoin.
Yves Crépeau, président du C.A. de La Vigile, Geneviève Arguin, directrice générale de la Vigile et François Lemay, président de la Fédération des policiers et policières du Québec, ont accueilli avec joie le don de 5000 $ de l’Association des policiers et policières de Sherbrooke, représentée ici par Éric Beaudoin.

Un don de 5000 $ pour la santé mentale des policiers

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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Le stress et la pression provoqués par la pandémie ont convaincu l’Association des policiers et policières de Sherbrooke (APPS) d’offrir la somme de 5000 $ à la maison La Vigile, un centre d’hébergement spécialisé qui vient en aide aux professionnels portant l’uniforme et aux travailleurs œuvrant dans les métiers d’aide. « Au Service de police de Sherbrooke, nous sentons qu’il y a un besoin. Il y a une recrudescence des demandes d’aide », affirme Éric Beaudoin, président de l’APPS. 

Les fonds proviennent de la confection de la revue Écho Policier. Traditionnellement, les policiers de Sherbrooke investissaient l’argent recueilli dans des projets visant les jeunes défavorisés. « Avec la pandémie, nous gérons les mesures sanitaires et nous ne sommes pas toujours bien reçus. Pour ventiler, nous nous tournons généralement vers notre réseau, mais le réseau est moins présent à cause de la pandémie. À l’interne, nous avec le Groupe de police soutien. Quand il est très sollicité, ça me donne des indicateurs qu’il y a des besoins en matière de santé mentale. »

Éric Beaudoin ne dispose pas de statistiques pour illustrer la hausse de cas de détresse chez ses collègues. « Je peux toutefois l’évaluer d’expérience. Nous avons donné plus de contraventions liées aux mesures sanitaires que les autres corps de police, en plus de faire notre travail habituel. Nous interceptons des gens pour des infractions routinières et ils se mettent à pleurer parce qu’ils n’ont plus d’emploi et qu’ils n’ont pas les moyens de payer la contravention. Il y a un effet certain de la pandémie sur la santé mentale des policiers. »

François Lemay, président de la Fédération des policiers et policières du Québec, rappelle que les féminicides, les cas de violence conjugale et les cas de détresse sont en augmentation. « On intervient beaucoup plus dans ces situations. Nos policiers sont des êtres humains qui retournent à la maison après leur journée et ils peuvent y vivre de la détresse aussi. »

M. Lemay précise que La Vigile est le seul organisme qui s’occupe de la santé mentale des policiers. « Le financement de cet organisme n’est pas assuré. C’est la raison pour laquelle nous demandons un financement récurrent. »

Éric Beaudoin invite d’ailleurs tous les paliers de gouvernement à s’engager et à prendre ce problème au sérieux. « Nous sommes aux aguets. Personne chez nous n’a mis fin à ses jours en raison de la détresse, mais on ne voudrait pas que des gens trouvent des solutions permanentes à des problèmes temporaires. La pandémie, c’est la goutte qui fait déborder le vase. »

Geneviève Arguin, directrice générale de La Vigile, indique que le don servira à améliorer les activités de l’organisme, qui a connu une augmentation des demandes de 45 % entre 2019 et 2020. « Beaucoup de choses viennent s’ajouter au stress que vivent déjà ces travailleurs : l’anxiété, l’agressivité, la gestion des émotions. »

Les travailleurs des métiers couverts par La Vigile bénéficient d’une ligne téléphonique d’écoute disponible 24 h/24. « Les premiers répondants et les gens en métiers d’aide qui ont besoin de ventiler peuvent appeler. Si le besoin se fait sentir, nous pouvons leur référer une ressource, comme un psychologue, et s’il y a des symptômes plus importants de dépression, de choc post-traumatique, nous offrons des séjours de 30 jours. »

La capacité d’accueil, généralement de 15 personnes, est réduite à 10 en raison de la pandémie, si bien que les personnes dans le besoin voient leur nom inscrit sur une liste d’attente. Le temps d’attente peut varier de deux à quatre semaines. 

Enfin, Yves Crépeau, président du conseil d’administration de La Vigile, confirme que chaque don permet à l’organisme de demeurer ouvert. « Chaque année, nous sommes chanceux de recevoir des dons ponctuels. Même si les gens paient pour les services, ce ne serait pas suffisant pour nous permettre de faire du développement. De là l’importance d’un financement récurrent. »