Emmanuelle Roberge

Un documentaire pour les 30 ans de l’école

La communauté. Le fort sentiment d’appartenance. C’est sans doute deux grands traits qui ressortiront d’un documentaire sur l’école des Enfants-de-la-Terre que la photographe et cinéaste Emmanuelle Roberge tourne actuellement. Le film doit être prêt cet automne alors que l’école primaire de Waterville fêtera ses 30 ans et au moment où la pédagogie Waldorf, elle, deviendra centenaire.

« Quand on arrive à l’école ici, c’est fantastique de voir toute la communauté, et tout le travail qui est fait par les parents (...) Ceux qui ont été pionniers, ça devait être une force collective incroyable. Il y avait là-dedans quelque chose qui m’intéressait beaucoup ; de pouvoir le transmettre, de transmettre un peu l’histoire, comment elle s’est bâti cette école-là, comment elle roule aujourd’hui. » La cinéaste a mené une vingtaine d’heures d’entrevue, en plus de 40 ou 50 heures de tournage.

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L’école à pédagogie Waldorf fait partie de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), mais ses terrains et bâtiments sont gérés par la Corporation de parents. Ceux-ci doivent d’ailleurs réaliser 35 heures de bénévolat annuellement.

Au passage de La Tribune, des élèves travaillaient dans le jardin. Juste à côté, le regard porte sur un grand champ où les ruches feront leur apparition. Le décor de la campagne environnante nous fait oublier que l’on se retrouve dans une cour d’école.

L’école primaire a marqué le parcours scolaire de la fille d’Emmanuelle.

« C’est mon meilleur choix de maman à vie de venir ici », lance Emmanuelle, qui souligne au passage que cet épisode n’a pas de lien avec le documentaire.

« Ça a changé notre vie. Ma fille avait des difficultés d’apprentissage ; pas majeures, mais quand même. En fait, elle ne voulait plus aller à l’école... Une fois arrivée ici, ça a changé en très peu de temps », raconte la maman, dont la fille finit sa 8e année.

« L’histoire d’Emmanuelle, c’est celle de beaucoup de familles qui ont pris une grande décision, un jour, de déménager (...), de mettre en priorité l’éducation de leurs enfants, qui ont fait un choix très conscient de s’aligner avec ce projet éducatif. Ça donne un beau résultat parce que ce sont des parents qui sont très investis ; de façon bénévole, mais aussi dans la compréhension de ce qu’on offre ici de particulier, de par la pédagogie Waldorf », souligne la directrice Marie-Josée Veillette.

« Quand Emmanuelle est venue me voir avec le projet de documentaire, je sentais qu’elle avait un désir de transmettre (...) mais aussi qu’on puisse ouvrir la porte ; c’est un bon moyen de parler de qui on est. »

La sortie du documentaire, prévue quelque part en octobre ou novembre, sera une occasion de célébrer le 30e anniversaire de l’école. Différents événements devraient ponctuer la prochaine année scolaire pour souligner les anniversaires de l’école et de la pédagogie Waldorf. Difficile de décrire celle-ci en quelques mots. « C’est vraiment une pédagogie qui est en cohérence avec le développement de l’enfant. Chaque chose est amenée au juste moment et ça crée une résonnance... » estime Mme Veillette.

L’établissement accueille environ 210 enfants, du préscolaire au deuxième secondaire (8e année). L’établissement est rempli à pleine capacité et caresse un projet d’agrandissement d’ici un ou deux ans. « On est à analyser quelle est notre capacité financière », note Mme Veillette, en soulignant qu’il s’agit d’un projet à moyen terme. Une annexe serait construite à un bâtiment existant.