Le dépliant fait la promotion de sites de « réinformation » comme Fox News et celui de la Fédération des Québécois de souche.

Un dépliant anti-immigration distribué au centre-ville

Des citoyens du secteur du centre-ville ont reçu un dépliant les invitant à joindre la résistance contre l’immigration de masse. La présidente du comité des relations interculturelles à la Ville de Sherbrooke, Annie Godbout, note l’importance d’opposer un contre-message à ce genre de campagne.

Le dépliant fait la promotion de sites de « réinformation » comme Fox News et celui de la Fédération des Québécois de souche. Il invite aussi les citoyens à joindre la « résistance » en adhérant à des groupes identitaires comme « Storm Alliance ». Le message n’est toutefois pas signé. 

Le message contenu dans le document laisse croire que l’immigration « de masse » entraîne un appauvrissement et qu’elle peut aussi amener la création de ghettos.

Au Service de police de Sherbrooke, on ne rapportait aucune plainte liée à la distribution de ces dépliants, mais on se montrait à l’affût de toute dénonciation. 

Annie Godbout, pour sa part, mettait en doute la crédibilité d’un document qui n’est pas signé et qui ne cite aucune source pour les renseignements avancés. « C’est le type d’information qui alimente les préjugés envers les communautés culturelles. C’est un drôle de hasard, parce je me trouve dans un événement qui vise justement à créer des espaces de dialogue pour que les différentes communautés puissent se parler. L’immigration n’est pas une source d’appauvrissement. Au contraire, c’est une richesse. Notre histoire s’inscrit dans cette diversité.

« Ce n’est pas le premier épisode de distribution de tracts du genre. L’important, c’est de toujours avoir un contre-discours. »

Mme Godbout rappelle la diffusion d’autocollants xénophobes en 2017. Rapidement, des foulards et des autocollants roses portant la mention « Aimez-vous crisse! » étaient apparus. « Il faudra peut-être ressortir les foulards roses. »

Annie Godbout invite les citoyens à dénoncer toute forme de racisme. « Les choses sont peut-être en train de changer. Nous avons entendu parler cette semaine d’un joueur de hockey qui avait été victime de racisme. Ce n’est certainement pas le premier, mais ce qui est en train de se transformer, c’est que les gens ne l’acceptent plus. Ils dénoncent. Et il faut peut-être que nos élus prennent les choses en main. »