L’endettement total net de Valoris au 31 décembre 2018 était de 40 M$. François Bonnardel admet qu’il croit au projet, mais qu’un redressement majeur est nécessaire.

Un « coup de barre » est nécessaire chez Valoris

Le gouvernement du Québec « n’embarquera jamais » dans le projet de Valoris « si la situation ne s’améliore pas ». C’est ce qu’a déclaré le ministre François Bonnardel en entrevue avec La Tribune vendredi.

« Je ne dis pas qu’il faut tout arrêter, précise-t-il. Le gouvernement veut bien être présent, mais on ne peut pas manger de l’argent comme ça pendant 10 ans encore, c’est impensable. Avant toute chose, il va falloir qu’on nous prouve de la bonne gestion. Je ne veux pas accuser personne, mais avant que le gouvernement supporte le projet, on va devoir avoir des garanties importantes pour s’assurer que l’entreprise est bien gérée et que la gouvernance est adéquate. »

L’endettement total net de Valoris au 31 décembre 2018 était de 40 M$. Rappelons aussi que la vérificatrice générale de la Ville de Sherbrooke, Andrée Cossette, a qualifié de troublant l’ensemble du dossier du centre de valorisation des matières résiduelles Valoris. Dans son rapport déposé le 2 juillet, Mme Cossette relève que « les règles élémentaires d’approbation des dépenses et de reddition de comptes exigées dans le secteur municipal n’ont pas
été respectées ».

« Mon conseiller principal pour l’Estrie suit le dossier de très près, confirme le ministre Bonnardel. Le rapport de la vérificatrice générale a démontré non seulement des incohérences, mais des situations un peu particulières. On va attendre de voir la suite. On est en communication avec le maire Lussier toutes les semaines. »

M. Bonnardel admet qu’il croit au projet, mais qu’un redressement majeur est nécessaire.

« On a mis un modèle au monde et on se rend bien compte de la situation après neuf ans. Pas besoin de dire ce qui pourrait arriver à n’importe quelle société privée. Il faut qu’il y ait un coup de barre et qu’on revoie le modèle complètement s’il le faut. Il faut redresser la barre sinon la situation sera immensément difficile et la pression financière énorme sur la ville de Sherbrooke et sur les autres plus petites municipalités. »



Centre mère-enfant: à la recherche d'une voie rapide

Le ministre responsable de la région de l’Estrie François Bonnardel entend mettre les bouchées doubles pour que le Centre mère-enfant voie le jour le plus tôt possible.
« Ma collègue Danielle McCann a envoyé une lettre directement à la Société québécoise des infrastructures pour qu’on obtienne une réponse à savoir de combien de temps on peut réduire les délais, assure M. Bonnardel. C’est important de faire tout ce qu’on peut pour ramener l’échéancier à son plus court possible. Si on peut réduire de six mois ou d’un an, on va le faire. »
Lancé il y a plus de 15 ans, le projet de Centre mère-enfant et de la nouvelle salle d’urgence à l’Hôpital Fleurimont a connu bien des ratés. L’objectif pour l’instant est de terminer la construction en 2024.
Les ministres attendent des nouvelles de la SQI pour le 13 septembre. 


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Appui unanime des élus pour un train de passagers Sherbrooke-Montréal

Les appuis sont fortement majoritaires de la part des élus de Sherbrooke jusqu’à Saint-Jean pour mettre au monde un train de transport de passagers selon le ministre François Bonnardel. On en est toutefois encore aux balbutiements du projet.

« Avant toute chose, il faut réhabiliter le rail et il devra y avoir une augmentation du transport de marchandises, souligne le ministre responsable de la région de l’Estrie. Le gouvernement pourrait répondre présent, mais il est prématuré de vous dire où l’on s’en va en ce moment. Ça répond à notre politique de mobilité durable. »

La liaison éventuelle reposera beaucoup sur le transport de marchandises selon M. Bonnardel.

« Tous les élus nous disent qu’ils veulent une connexion avec leur parc industriel, résume-t-il. Je veux réduire le nombre de camions sur les routes. »


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Imed Lakdhara, « Un cas isolé »

Le cas du restaurateur sherbrookois Imed Lakdhara qui quittera le Québec puisqu’il peine encore à croire que le gouvernement Legault est allé à l’encontre de la Charte des droits et libertés en adoptant la loi 21 sur la laïcité de l’État est un cas isolé selon le ministre François Bonnardel.

« Je peux comprendre le cas de monsieur, indique-t-il. Il évalue la situation comme lui la voit. De notre côté, on a toujours dit que c’était une loi modérée, une loi qui répondait à 10 ans de questionnement de la société québécoise. Ça répondait à l’ensemble du rapport Bouchard-Taylor. »

On ne verra pas de mouvement de masse selon M. Bonnardel.

« C’est un cas isolé, résume le ministre. Est-ce qu’on pouvait avoir l’appui de 100 % des Québécois, c’est certain que ça aurait été difficile. C’est normal. On nous accuse injustement dans d’autres provinces. » Simon Roberge