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Illustration des serres et du bâtiment qui les abritera.
Illustration des serres et du bâtiment qui les abritera.

Un complexe de serre bientôt en construction à l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
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SHERBROOKE — Des serres pouvant simuler différentes conditions environnementales verront bientôt le jour sur le campus principal de l’Université de Sherbrooke.

Le projet de construction de près de 12 M$ doit s’ébranler dans les prochaines semaines. 

La Tribune avait fait écho à ce projet, d’abord espéré pour 2020. Si tout va comme prévu, la mise en activité aura lieu en 2022. 

Les serres composées de six compartiments de pointe seront construites à la faculté des sciences.

L’édifice prendra place dans le stationnement du pavillon des sciences de la vie (D8) et deviendra le pavillon D10.  

« Ça va nous permettre d’augmenter notre capacité de recherche en biologie végétale. Depuis plusieurs années, on a un bon noyau de chercheurs dans ce domaine. Ça fait longtemps qu’on avait vraiment besoin de ce genre d’installations », explique Peter Moffett, professeur titulaire au département de biologie et directeur scientifique de SEVE, en rappelant qu’une première demande de financement avait été déposée en 2014. 

« Pour faire de la biologie végétale, on était un peu limité avec nos installations. On a beaucoup de chambres de croissance dans lesquelles on peut faire pousser des plantes, mais c’est limité pour les différentes conditions qu’on peut avoir. »

Illustration des serres et du bâtiment qui les abritera.

Les équipements permettront à une dizaine de chercheurs de l’UdeS et une cinquantaine d’étudiants de s’intéresser notamment aux changements climatiques. 

« On peut ajouter du CO2 dans certains compartiments, décrit M. Moffett. Il va y avoir plusieurs compartiments : on peut changer l’humidité, la température. C’est important parce qu’on a des gens qui étudient les plantes qui poussent plus au nord. On a des gens qui travaillent à la revégétalisation des sites miniers, souvent très au nord. On a besoin d’un environnement plus froid par exemple. »

Les équipes s’intéresseront aussi aux pathogènes.

« On est plusieurs chercheurs à travailler sur les interactions plantes-microbes; de pathogènes, mais aussi des microbes bénéfiques. » 

La construction du Complexe de recherche intégrative en sciences végétales et environnementales (CORSEVE) fait partie d’un projet conjoint avec l’Université McGill, la Plateforme de phénotypage des plantes de l’Est canadien (ECP3), qui totalise près de 24 M$. Le projet est soutenu par le ministère de l’Enseignement supérieur et la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI).

Le phénotypage est l’ensemble des caractéristiques d’un organisme, indique M. Moffett.

« Si on veut savoir quel gène va déterminer si une plante pousse plus vite ou si elle est plus résistante à certains environnements, on va trouver des gènes, mais pour faire ça, il faut faire le phénotyage… Il faut prendre des plants, en tester une centaine et dire que l’un est capable de résister au froid, au sel ou aux pathogènes. Ensuite, on va déterminer quelle est la base génétique. Dans notre complexe, on va installer un phénotypeur, un système qui nous permet de caractériser des plantes à haut débit et de façon automatique. » 

Selon M. Moffett, cette infrastructure utilisée par l’UdeS et McGill sera unique au Canada. Elle servira du même coup aux chercheurs de l’est du pays. 

Les serres composées de six compartiments de pointe seront construites à la faculté des sciences. L’édifice prendra place dans le stationnement du pavillon des sciences de la vie (D8) et deviendra le pavillon D10.