Une cinquantaine de personnes ont participé à la rencontre organisée entre la Ville de Sherbrooke et les commerçants de la rue Galt Ouest mardi soir.
Une cinquantaine de personnes ont participé à la rencontre organisée entre la Ville de Sherbrooke et les commerçants de la rue Galt Ouest mardi soir.

Un comité pour régler le sort du terre-plein de Galt Ouest

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville et les commerçants du Centre Sherbrooke se sont entendus sur la création d’un comité de travail technique pour étudier la configuration de la rue Galt Ouest près de l’intersection de la rue Belvédère. Ledit comité se penchera entre autres sur le terre-plein que souhaite construire la Ville, une infrastructure qui limiterait l’accès au stationnement souterrain du centre commercial.

L’entente a été annoncée mardi soir lors d’une rencontre organisée entre les commerçants du secteur Galt-Belvédère et les services municipaux à laquelle participaient un peu plus de cinquante personnes. Devant les préoccupations soulevées, la conseillère du district du Lac-des-Nations, Chantal L’Espérance, a affirmé qu’il faudra trouver des réponses aux questions des commerçants.

En début de soirée, la Ville a résumé le projet de revitalisation de la rue Galt Ouest, qui prévoit la construction de 116 logements sociaux, l’élargissement de la rue, l’ajout d’une piste cyclable et la construction d’un terre-plein central qui empêcherait toute forme de virage à gauche en provenance des commerces.

Ils ont été plusieurs à décrier les aménagements projetés, par exemple Benjamin Bureau, de la Maison Bureau et Bureau, qui s’inquiète pour l’approvisionnement de son magasin. Comment les camions pourront-ils accéder à l’établissement? « J’ai déjà posé la question et je n’ai pas eu de retour. »

« C’est une question de jours avant qu’on vous rencontre à propos des camions », a assuré Yves Tremblay, directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire.

Marc Jalbert

Le directeur du Bureau du développement économique, Philippe Cadieux, a souvent répété en cours de soirée qu’il entendait les doléances des personnes présentes et qu’il en tiendrait compte. Il s’est aussi excusé après avoir constaté que les commerçants ne s’étaient jamais sentis inclus dans les démarches de la Ville.

Marc Jalbert, du Maxi-Club, craint la congestion à la sortie de son commerce à la fin de cours, alors qu’une centaine d’automobilistes devra tourner à droite sur Galt Ouest sans la présence d’un feu de circulation. Les virages en U, croit-il, se multiplieront à l’intersection Galt-Belvédère. « Vous pouvez affirmer que les gens changeront leurs habitudes, mais en réalité, ça ne se passera pas comme ça. »

Pierre-Olivier Lachance, propriétaire d’un immeuble à logements, déplore pour sa part qu’on retire le stationnement sur rue devant sa propriété. « J’ai deux locaux commerciaux et mes locataires ont besoin de stationnement. Je suis vraiment content du projet, mais j’aimerais que la piste cyclable soit de l’autre côté de la rue pour que nous gardions nos stationnements. »

Tony Commatas, du Buffet des Continents, croit que la construction du terre-plein et le fait de limiter l’accès au stationnement des commerces entraîneront des pertes d’emplois.

Gervais Bisson, qui dit être locataire du centre commercial depuis 54 ans et demi, affirme que les gens changeront bel et bien d’habitude quand ils verront que le stationnement est plus difficile d’accès. « Ils prendront l’habitude d’aller ailleurs. »

Selon une étude citée par deux commerçants, lors de travaux ayant nécessité la fermeture de la rampe d’accès entre les deux étages du stationnement du Centre Sherbrooke, le chiffre d’affaires des locataires aurait baissé de 15 %.

Vincent Bergeron

La voix des commerçants sera entendue

Vincent Bergeron, le porte-parole du groupe Sandalwood, propriétaire du centre commercial, se disait heureux de la création d’un comité de travail. « On sait que la voix des commerçants sera prise en compte. Des ingénieurs que nous mandaterons, Les Services EXP, participeront. Il reste à déterminer qui sera au comité, mais nous aurons notre voix pour travailler ensemble. On peut oublier le mauvais départ entre la Ville et nous. Ce que j’espérais, c’est que nous partions avec de nouvelles bases, que tout le monde ait les bonnes informations. Je pense qu’il y avait un manque d’information sur notre réalité. Oui le projet est beau, mais est-ce qu’on est obligé de le faire au détriment des commerces? Je pense que maintenant, il y aura plus de discussions. »

M. Bergeron estime aussi avoir prouvé qu’il était possible de tenir une vraie consultation, en personne, malgré la COVID. Une dizaine d’élus s’étaient d’ailleurs déplacés pour l’occasion.

Parmi eux, la conseillère Chantal L’Espérance, qui croit réellement qu’un compromis pourrait être trouvé. « Il y a sûrement moyen de trouver des solutions sans dénaturer le projet. On veut de la mobilité active, que la sécurité soit mise de l’avant, une qualité de vie avec du verdissement, de l’éclairage et que le commercial soit sain et dynamique. »

Voterait-elle pour un projet dans lequel le terre-plein ne permet pas de virage à gauche pour accéder au centre commercial?

« Si c’est ce qu’on nous présentait, je poserais des questions. Qu’est-ce que vous apportez comme alternatives aux problèmes soulevés par les commerçants? Si les réponses sont satisfaisantes et qu’on a trouvé des alternatives intéressantes, je vais voter pour, mais si on me dit qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, je voterai contre. Il faut que j’aie des réponses à mes questions. » 

Le maire Steve Lussier a qualifié le dialogue de constructif. « On ne sera probablement pas en mesure de réaliser toutes vos idées, mais on va arriver à un consensus. »

Marie-Josée Marcoux, directrice régionale de Sandalwood, concluait en affirmant être en accord avec le projet, sauf pour la fermeture partielle de l’entrée au stationnement souterrain. « Nous nous réjouissons de la formation d’un comité de travail et vous pouvez compter sur notre collaboration. »

Benjamin Bureau