La Ville de Sherbrooke offrira désormais du financement aux événements en fonction de critères précis : le nombre de participants ou de spectateurs à un événement, le nombre d’années d’expérience de l’organisation, les revenus autonomes, le nombre d’employés sherbrookois, l’accessibilité universelle, l’écoresponsabilité, l’innovation et l’unicité.

Un cadre pour l’aide aux événements

L’aide financière de 75 000 $ accordée à la Fête du lac des Nations en avril avait soulevé le débat au conseil municipal. Quelques semaines plus tard, la Ville se dote d’un cadre de référence pour évaluer les événements qui pourraient bénéficier d’une subvention. Plusieurs conseillers ont toutefois appelé à la prudence dans l’application de ce cadre.

Quand les élus ont entériné l’aide financière à la Fête du lac, la conseillère Évelyne Beaudin avait déploré qu’on traite les dossiers de demande d’aide au cas par cas. Une réflexion était toutefois en branle depuis la réforme des loisirs et des parcs en 2015 pour assurer une plus grande équité.

La cadre en question devait être complémentaire aux orientations de Destination Sherbrooke concernant les événements touristiques. Il vise à définir des critères selon lesquels un événement peut se réaliser à Sherbrooke et les critères selon lesquels un événement recevable peut être financé, et jusqu’à quelle hauteur. Il sera appliqué pour tous les événements à portée municipale se déroulant dans une place publique municipale.

Parmi les critères évalués : le nombre de participants ou de spectateurs à un événement, le nombre d’années d’expérience de l’organisation, les revenus autonomes, le nombre d’employés sherbrookois, l’accessibilité universelle, l’écoresponsabilité, l’innovation et l’unicité.

« Le but est d’offrir une plus grande objectivité dans l’aide aux événements spéciaux. La Ville se dote d’un cadre, mais il faut assurer une certaine souplesse et une ouverture », a dit Paul Gingues, président du comité de la culture.

« Voir un peu plus clair »
« Ce cadre nous permettra d’y voir un peu plus clair, avec des indicateurs de performance. Mais il faut que le cadre soit au service de la Ville, et non que la Ville soit au service du cadre. Il faut s’en servir comme un guide et le gros bon sens doit continuer de s’appliquer. Il n’y a pas un événement qui est pareil », a ajouté Vincent Boutin.

Sa collègue Évelyne Beaudin pense que le cadre sera appelé à évoluer. « Qu’on se base sur le nombre de participants m’inquiète un peu parce que nous n’avons souvent pas les chiffres réels des événements. La créativité et l’innovation sont aussi des critères subjectifs. Il faut qu’on se garde une certaine souplesse. J’émets le souhait avec énormément de conviction que les élus soient impliqués en amont de toutes les étapes du processus menant au soutien d’un événement. »

Cette nouvelle aide à la décision permettra aussi de déterminer les attentes de la Ville, selon Marc Denault.

Le maire Steve Lussier a rappelé que la Ville compte près de 400 événements annuellement sur son territoire. « Ça nous aidera grandement à faire un choix au moment du budget », dit-il.

La Ville propose d’augmenter graduellement le financement des événements qui reçoivent un financement insuffisant pour le moment, de manière à atteindre le montant établi par le cadre de référence en 2022. L’aide attribuée aux événements qui reçoivent plus que le montant prévu par le cadre serait gelée pour deux ans et une analyse individuelle permettrait de déterminer l’orientation de la Ville, au cas par cas.