L’augmentation du tarif à la tonne représente des dépenses supplémentaires de 136 000 $ pour les déchets à la Ville de Sherbrooke.

Un budget «responsable» pour Valoris

Le prochain budget de fonctionnement de Valoris sera de 16 457 649 $, une hausse de 6,7 % par rapport au budget 2019 révisé. Le tarif de traitement des déchets passe notamment de 237 $ à 241 $ par tonne, correspondant à l’augmentation de l’IPC à 1,7 %. Globalement, les membres du conseil d’administration estiment que les revenus globaux, dont ceux générés par la tarification, combleront les dépenses additionnelles projetées pour 2020.

Le budget d’exploitation 2020 de la Régie intermunicipale du centre de valorisation des matières résiduelles du Haut-Saint-François et de Sherbrooke a été approuvé lors d’une assemblée extraordinaire tenue jeudi à Bury.

Selon les prévisions, le tonnage des déchets acheminé par les partenaires s’élèvera à 34 000 tonnes provenant de la Ville de Sherbrooke, 9500 tonnes des municipalités de la MRC, 2750 tonnes des municipalités non membres et 5000 tonnes d’autres clients.

Ce nouveau budget comprend une réduction de dépense de 178 000 $ pour la Ville de Sherbrooke. L’augmentation du tarif à la tonne représente des dépenses supplémentaires de 136 000 $ pour les déchets, mais l’élimination d’un poste de chauffeur et d’un camion, en raison de la baisse d’achalandage observé en 2019, est synonyme d’économie de 314 000 $.

Les investissements sont principalement associés à la mise en place des infrastructures pour l’agrandissement du lieu d’enfouissement technique avec la construction d’une nouvelle cellule d’enfouissement, ainsi que les équipements de captage du biogaz et de traitement des eaux de lixiviation.

Rappelons que le budget 2019 avait dû être révisé d’urgence au mois de mai en passant de 14 008 345 $ à 15 426 558 $. Sherbrooke et les municipalités du Haut-Saint-François avaient vu leurs paiements augmenter de 104 $ pour chaque tonne de déchets destinés à l’enfouissement chez Valoris. La facture refilée aux municipalités était passée de 133 $ à 237 $ la tonne. Steve Lussier, maire de Sherbrooke et président du conseil d’administration de Valoris, assure que le budget 2020 ne subira pas le même sort.

« On a rattrapé le passé, indique-t-il. Il fallait restructurer rapidement et on l’a fait. C’est un budget responsable. On devait se prendre en main pour redresser le tout. »

Plan de redressement

Une enveloppe de l’ordre de 1 476 000 $, qui est comprise dans le budget, sera réservée pour la mise en œuvre du Plan de redressement 2020-2021 de Valoris. Le plan sera présenté aux membres le 6 novembre.

« C’est un plan bien élaboré qui s’est échelonné sur plusieurs mois de travail, explique M. Lussier. On se devait de le faire. »

La présentation du budget et celle du plan de redressement ne pouvaient se faire en même temps selon les membres du conseil d’administration. Ces derniers voulaient que tous les élus aient le temps de prendre connaissance du budget avant la rencontre du 6 novembre.

Le maire Lussier n’a pas voulu entrer dans les détails, mais a incité sur les habitudes des citoyens qui devront être revus.

« 50 % des sacs verts qui sont mis au déchet, c’est de la matière compostable, lance-t-il. Je pense qu’on a intérêt, et rapidement, à regarder avec les citoyens de nouvelles façons de faire de leur côté. Ce n’est pas normal. Et dans le sac vert, on rajoute aussi un autre 20 % de plastique qui devrait se retrouver au recyclage. »

Ce nouveau budget comprend une réduction de dépense de 178 000 $ pour la Ville de Sherbrooke.

« C’est 61 $ la tonne au niveau du compostage contre 241 $ pour la tonne de déchet, il y a toute une différence, poursuit-il. C’est moins de dépense pour nos municipalités. On a intérêt à le faire. »

Rappelons qu’un rapport d’analyse compilé par Martin Tremblay, directeur général de la municipalité de Cookshire-Eaton, estimait que l’implantation des bacs bruns sur l’ensemble du territoire de la MRC du Haut-Saint-François en 2020 pourrait faire perdre d’importants revenus à Valoris.

Les habitants de la région produisent entre 185 et 200 kilos de déchets par personne selon le maire Lussier.