Un bâtiment de la Ferme Beaulieu ravagé par un incendie [PHOTOS ET VIDÉO]

Un violent incendie s'est déclaré en mi-journée vendredi dans une grange de la Ferme Beaulieu à Waterville, non loin du secteur Lennoxville. On ne signale aucun blessé. Il n'y avait pas d'animaux à l’intérieur du bâtiment incendié.

« Je ne réalise pas encore ce qui vient de se passer, je crois, révélait le propriétaire Jean-Guy Beaulieu en regardant les décombres encore fumants de l’incendie. À 12 h 45 tout était debout et trois heures plus tard il ne reste plus rien. »

C’est une ancienne étable qui abritait aujourd’hui de la machinerie agricole qui a complètement été rayée du paysage vendredi. 

« C’était un beau bâtiment construit dans une forme spéciale qui ne se fait plus depuis 1970. Il avait un style différent, historique. On l’entretenait bien. C’est sûr qu’on peut reconstruire, mais ça n’aura pas la même valeur historique », se désolait l’agriculteur.

M. Beaulieu était dans sa maison située à quelques mètres de l’ancienne étable lorsqu’il y a aperçu de la fumée.

« Quand ça a commencé, on pensait qu’on allait avoir le temps de faire quelque chose pour arrêter le feu, mais ça s’est propagé ultra-vite. Il y avait une petite brise et il s’agissait d’un vieux bâtiment en bois complètement ouvert donc ça a fait comme un tunnel parfait pour que le feu se répande. Ça s’est rempli de fumée d’un coup. On a quand même eu le temps d’éloigner la machinerie. Chose certaine le feu a commencé là où il y a l’entrée électrique », expliquait M. Beaulieu. 

 Une dizaine de camions de pompiers de Sherbrooke, Compton et Waterville ont été dépêchés sur la route 147 vers 13 h. Ils ont rapidement été rejoints par des policiers, une ambulance, un camion d’Hydro-Sherbrooke et des contrôleurs routiers.

Un immense panache de fumée noire était visible à des kilomètres à la ronde.


« Quand ça a commencé, on pensait qu’on allait avoir le temps de faire quelque chose pour arrêter le feu, mais ça s’est propagé ultra-vite. »
Jean-Guy Beaulieu, propriétaire

Les pompiers ont mis près de trois heures avant de venir à bout du brasier qui enflammait la grange de quelque 300 pieds de long. Les services des incendies ont craint pendant un bon moment que les silos situés tout juste à côté du bâtiment en feu s’effondrent et que des réservoirs de propane explosent.

Ce n’est que vers 15 h que le directeur du service des incendies de Sherbrooke Stéphane Simoneau a annoncé qu’il ne craignait plus l’effondrement des structures de près de 80 pieds de hauteur.

« Nous avons aussi sécurisé le propane en éteignant les sources de chaleur à proximité », a-t-il annoncé aux nombreux médias présents. 

Les pompiers ont dû travailler sans réseau d’aqueduc. Des camions-citernes effectuaient des allers-retours dans le périmètre sécurisé pour les approvisionner en eau.

Une pelle mécanique a rapidement été mise à contribution afin de soulever les débris et éteindre les feux couvants.

Stéphane Simoneau n’hésitait pas à parler du brasier comme d’un « bon défi ».

« Avec les vents, l’âge du bâtiment en question, la présence des silos, l’absence d’aqueduc, on peut dire que c’est un bon défi pour nos équipes », relevait-il.

La maison familiale, plus que centenaire, n’a heureusement pas été touchée par les flammes malgré sa proximité avec l’incendie.

Un camion d'Hydro-Sherbrooke est également sur place.

Récolte en péril

En plus d’avoir à composer avec la perte d’un bâtiment, M. Beaulieu craint d’avoir perdu sa réserve de grains de maïs et de ne pas être en mesure d’honorer ses contrats avec ses clients. 

« Les silos ne menacent plus de s’effondrer, mais ça ne veut pas dire qu’ils sont corrects. Ils sont pas mal fripés... La récolte qu’il y a l’intérieur ne doit plus être bonne, elle a tellement chauffé. Il y en a peut-être pour 100 000 $ à l’intérieur. Je ne serai pas capable de fournir ma clientèle. »

« La prochaine récolte est dans un mois... Ça c’est critique. Il ne nous reste pas beaucoup de temps d’ici les prochaines récoltes et un silo ça ne se remplace pas facilement. Je n’ai plus de maïs et je ne sais pas si je vais en avoir dans l’année qui suit », s’inquiétait M. Beaulieu qui était entouré de plusieurs membres de sa famille lors du passage de La Tribune.

« J’ai beaucoup de monde autour de moi, notait l’agriculteur. Le feu était encore en cours que je recevais déjà des appels de personnes qui voulaient m’encourager ou m’offrir leur aide. Je suis chanceux de ce côté. »

À ses côtés, une nièce acquiesçait. « On est soudé dans la famille et au travers de toutes les épreuves qu’on a vécues avec cette ferme, on a développé notre résilience. Ça va être la même chose cette fois-ci », assurait-elle. 

Fait à noter, le Marché Beaulieu situé juste à côté n’a pas été touché par les flammes. 

Depuis l’an passé, les deux entreprises Marché Beaulieu et Ferme Beaulieu n’ont plus de lien d’affaires. Avec Simon Roberge et Marie-Christine Bouchard