La collecte du compost pourrait être étendue aux édifices à logements.
La collecte du compost pourrait être étendue aux édifices à logements.

Un autre lac-à-l’épaule pour parler d’environnement

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La planification stratégique des élus municipaux était toujours au menu, lundi, lors d’un sixième lac-à-l’épaule qui visait, cette fois, à établir des priorités à court terme en matière d’environnement. Des idées d’actions concrètes rapides ont été abordées, notamment d’étendre la collecte de compost aux édifices à logements.

Le maire Steve Lussier rapporte que la réflexion a duré trois heures, au Centre de foires. « Ça s’est fait à huis clos en prévision du budget. » Les sujets des encombrants, de l’électrification des transports et des matières résiduelles ont fait l’objet de pourparlers.

Selon la conseillère Évelyne Beaudin, les élus avaient manqué de temps, lors de l’exercice précédent, en juin, pour aborder dans son ensemble le thème de l’environnement. « Nous avions demandé de faire une journée complète sur ce sujet et finalement, nous en sommes venus à nous concentrer sur ce que nous sommes capables de livrer rapidement avec les élections. »

Rappelons que les Sherbrookois seront appelés aux urnes le 7 novembre 2021, date des prochaines élections municipales au Québec.

L’exercice a somme toute été positif, selon Mme Beaudin, qui plaide pour un équilibre entre les actions à poser rapidement et celles sur lesquelles on peut bâtir pour l’avenir. « J’ai été surprise de voir un bon consensus sur des sujets qui je trouvais prioritaires, comme l’élargissement de la collecte du compost. C’est une orientation qui se trouvait dans notre plateforme électorale. »

Mme Beaudin dit plaider aussi pour la protection des milieux humides et des milieux naturels. « Ma seule inquiétude est de voir où on s’en va avec la réduction des gaz à effet de serre. On devait faire une grande consultation sur le sujet, mais ce n’est pas ressorti. Nous avons aussi beaucoup d’ambition, mais nous ne sommes pas prêts à investir les sommes nécessaires. Je souhaite qu’on explore de nouvelles façons d’aller chercher des revenus. »

En exemple, la conseillère cite la taxation des stationnements de surface. « Il faut peut-être changer de paradigme si on veut atteindre nos objectifs. »

L’achat du boisé derrière l’ancien bunker des Hells Angels lui tient aussi à cœur, comme l’instauration d’un point de collecte pour le recyclage des masques à usage unique.

En attendant le Plan nature

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, soulève trois thèmes prioritaires : les gaz à effet de serre (GES), la gestion des matières résiduelles et le Plan nature, qui vise la protection des milieux humides et hydriques. « On ne pourra pas tout faire et il faudra analyser l’implication budgétaire de chacune des actions, mais la collecte des matières organiques dans les multilogements semble prioritaire. Le Plan nature n’a pas été abordé directement, mais il faut se demander ce qu’on peut faire à court et moyen terme pour protéger les milieux que viendra encadrer ce plan. Nous avons eu dans les dernières années des cailloux dans le soulier où les arbres étaient au cœur des enjeux. Il faut amorcer la transition. »

Mme Godbout estime que des actions concrètes ont été proposées et se dit positive pour l’avenir. « Nous avons identifié une quarantaine d’actions. On doit choisir ce qui est réalisable. »

Julien Lachance affirme avoir un malaise à dévoiler la nature des discussions avant que le conseil aborde le dossier publiquement. « L’élément du transport et des GES est certainement une préoccupation. Si on veut faire des gains importants, il faut s’en préoccuper et prendre des orientations concernant la voiture électrique, le covoiturage et le transport actif. »

Les citoyens verront-ils les résultats de ces réflexions alors que le rapport des précédents lacs-à-l’épaule se fait toujours attendre? « Il est vrai que nous avons eu de la difficulté à concentrer tout ça pour nous donner des actions concrètes dans les dernières années. Assurément, on ne peut pas attendre en janvier pour agir. Si j’avais été maire, dans les trois premiers mois du mandat, j’aurais tassé le reste pour qu’on se donne des orientations claires dès le départ. Mais c’est sûr que c’est plus facile à dire après coup. Nous avons eu plusieurs rencontres qui se sont étirées dans le temps. Ma déception est que nous n’ayons pas réussi à wraper tout ça. »

Le maire Steve Lussier assure qu’il y aura un consensus sur les sujets à traiter, mais que les priorités feront l’objet de discussions dans la préparation du budget. « Dans chacune de nos décisions, nous souhaitons aborder le volet de l’environnement. Nous avons fait le tour de notre vision stratégique pour les 15 prochains mois. J’ai vu des élus qui s’affirmaient et qui ont décidé d’agir politiquement. »