Les nouvelles installations de l’École de musique de l’Université de Sherbrooke comprennent entre autres des studios d’enregistrement professionnels, des salles de concert, un centre de production de niveau international et des locaux de répétition accessibles 24 h sur 24, 7 jours par semaine.

UdeS : 9,5 M$ pour les étudiants de L’École de musique

C’est un nouveau départ pour l’École de musique de l’Université de Sherbrooke. Elle s’est refait une beauté à l’aide d’un investissement de 9,5 millions $ et espère maintenant former des musiciens prêts à faire face au milieu du travail.

« Le point majeur, c’est que dorénavant les élèves auront une expérience professionnelle assez pertinente pour connaître le marché du travail, souligne André Cayer, professeur et directeur de l’École de musique. C’était moins le cas avant. On veut aussi former de meilleurs musiciens puisque certains auront une carrière de recherche un peu partout dans le monde, il faut les préparer à ça. »

Les rénovations se sont étalées sur cinq ans. Les nouvelles installations comprennent entre autres des studios d’enregistrement professionnels, des salles de concert, un centre de production de niveau international et des locaux de répétition accessibles 24 h sur 24, 7 jours par semaine.

M. Cayer admet que les inscriptions dans le volet interprétation du baccalauréat étaient en baisse à l’UdeS, mais que le nombre d’élèves dans le volet composition subissait une forte hausse. L’École enseigne à environ 300 élèves. 

« Le bâtiment vieillissait, il a été vidé dalle par dalle et on a revu les cloisons partout, mentionne le directeur. Il y avait des rénovations à faire. On voulait changer l’approche pédagogique parce qu’elle était un peu moins pertinente. La synergie n’était pas là du tout avant. Les interprètes travaillaient dans leur local et les compositeurs étaient de leur côté. En 2018, il est temps que les groupes travaillent ensemble. Ce qu’on veut, c’est de faire exploser la demande dans les deux volets. On pourrait facilement prendre entre 100 et 150 élèves de plus, mais disons que si on était capables d’aller chercher de 20 à 30 étudiants de plus par année, ça serait super. »

« Globalement, à l’échelle du Québec, il y a une baisse dans presque tous les établissements universitaires en musique, ajoute-t-il. On a à se renouveler. Le nerf de la guerre est de pouvoir permettre aux étudiants d’être pertinents en sortant du programme. S’ils se font demander sur le marché du travail de faire une commande, normalement ils sont prêts. Ce n’est pas une surprise pour eux. »

Cibler le jeu vidéo

Musique électronique, musique de film, musique de jeux vidéo et publicité, le monde de la musique n’est plus ce qu’il a déjà été selon M. Cayer. L’UdeS entend toutefois se positionner à titre de chef de file dans ces domaines.

« Nous sommes le seul baccalauréat au Québec qui se dirige dans cette direction, explique-t-il. On a fait des tests dans le passé, car nous n’avions pas les installations idéales. On a mis un peu la pédale douce par la suite justement parce que les installations ne nous permettaient pas de faire tout ce qu’on voulait. Ce qui n’est plus le cas maintenant. On va repartir à la chasse. Nous avons déjà des projets qui s’annoncent porteurs pour l’UdeS. »

Le fait saillant est définitivement le jeu Outlast auquel l’École de musique a collaboré. Ce jeu est disponible sur PC via Steam, sur PlayStation 4, sur Xbox One et sur la Switch de Nintendo. Plus de 4 millions d’unités ont été vendues à travers le monde et une suite a vu le jour en 2017.

« On ne s’attendait pas à ça, mais ç’a explosé partout dans le monde et ils ont même gagné des prix pour la musique, indique M. Cayer. Ç’a été enregistré ici. J’ai travaillé sur l’orchestration et l’enregistrement avec des étudiants. Il y a vraiment une signature UdeS sur ce jeu. »

Les nouvelles installations de l’École permettent d’enregistrer des bandes sonores directement à Sherbrooke pour des projets de partout dans le monde.

« On va continuer de pousser dans cette direction parce qu’on veut se donner une couleur différente des autres, résume-t-il. Le monde de la musique est déjà bien servi par le milieu universitaire. En Amérique du Nord, il n’y a rien qui ressemble à notre École. De lier la production et la pédagogie, on l’a vu nulle part ailleurs. »