Trop tard pour revenir en arrière dans les camps de jour

SHERBROOKE — Pour les organismes délégués gestionnaires responsables des camps de jour à Sherbrooke, il est trop tard pour revenir en arrière sur le ratio animateur-enfants. Ils préparent l’été en fonction des normes établies lundi au conseil municipal, soit une capacité d’accueil diminuée de 40 %. Entre-temps, le défi du recrutement continue de se poser. 

« Le problème, c’est qu’on essaie d’arrimer deux données qui ne vont pas ensemble. On veut accepter plus de jeunes, mais avec les mêmes mesures de distanciation physique. Les locaux, eux, ne changent pas de taille. Donc on continue avec les ratios établis lundi, mais les parents pensent que ça crée plus de place dans nos groupes. C’est une invraisemblance. L’annonce du gouvernement a donné de l’espoir aux parents », résume Sylvain Turcotte, directeur de Loisirs Fleuri-Est. 

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Le son de cloche est le même pour Nancy Robichaud, de Loisirs Acti-Familles, dans le secteur de Rock Forest. « Nous continuons à planifier les camps de jour avec les critères du 1er juin pour une panoplie de raisons. En temps normal, nous avons quatre lieux d’accueil pour les jeunes. Maintenant, il nous en faut 20. Nous aurons 78 groupes. S’il y a encore des modifications, nous ne pourrons pas commencer le camp de jour le 29 juin. »

Mme Robichaud veut porter une attention particulière à la sécurité des enfants. « Nos critères d’embauche ont été assouplis. Nos animateurs seront plus jeunes. Certains auront 15-16 ans. Nous n’avons pas pu les rencontrer. Les formations se sont faites en ligne donc il est difficile de dire s’ils seront en mesure de s’occuper des enfants. »

M. Turcotte assure pour sa part que les critères d’embauche sont demeurés sévères et que les aspirants animateurs, en plus de répondre à des questions en entrevue, ont dû envoyer une vidéo les montrant en train d’expliquer un jeu. « Nous regrouperons les animateurs en équipes de deux, donc si nous constatons un problème, il sera plus facile à régler. L’âge pour nous n’est pas un critère pour la qualité de l’animation. »

Tant Sylvain Turcotte que Nancy Robichaud veulent éviter d’épuiser leurs animateurs, un problème qui pourrait mener à la fermeture de groupes. Dans le secteur de Rock Forest, il manquerait encore une vingtaine d’animateurs pour répondre à la demande. 

Le message envoyé à la Ville est néanmoins clair : il faut statuer une fois pour toutes et s’en tenir aux critères établis. « Plusieurs gestionnaires commencent à avoir l’élastique au maximum. On va tous essayer de prendre autant d’enfants que possible chaque semaine, mais il faut que ça reste humainement possible », dit M. Turcotte.