Les conseillères Nicole Bergeron, Chantal L’Espérance et Danielle Berthold ont fièrement accueilli leur nomination au sein du nouveau comité exécutif du maire Steve Lussier.

Trois femmes au comité exécutif

À l’exception du maire Steve Lussier, le comité exécutif de la Ville de Sherbrooke sera exclusivement féminin. La présidence du comité, de même que la présidence du conseil, a été confiée à Nicole Bergeron. La plus expérimentée des conseillères, Chantal L’Espérance, de même que la conseillère du Renouveau sherbrookois Danielle Berthold, sont aussi nommées au prestigieux comité.

Le dévoilement de la composition du comité exécutif s’est déroulé à l’hôtel de ville mardi. En fin d’après-midi, le maire et les membres de son comité sont sortis de la salle du conseil municipal, jusque-là verrouillée, pour créer un effet de surprise. Le comité compte quatre membres pour le moment, en attendant que la demande d’amendement déposée par Steve Lussier au ministère des Affaires municipales permette d’en ajouter un cinquième.

Le comité exécutif doit entre autres assurer la gestion administrative et financière de la Ville en conformité avec les plans, projets, budgets et financements approuvés par le conseil et analyser et faire rapport au conseil de ses suggestions sur toute matière d’intérêt municipal.

« Vu l’importance des dossiers traités à l’exécutif, vous comprendrez que j’ai choisi de m’entourer de gens expérimentés, compétents, dotés d’un jugement sûr et d’une grande ouverture d’esprit », a résumé Steve Lussier.

De Nicole Bergeron, qui représente les citoyens de Brompton depuis 18 ans, il a dit qu’elle était droite et posée. « C’est une leader naturelle et positive qui sait défendre ses dossiers avec éloquence. »

Parce que l’expérience et la sagesse ont leur place au sein du comité, Steve Lussier s’est tourné vers Chantal L’Espérance, élue depuis maintenant 19 ans au poste de conseillère.

« Danielle Berthold a le talent de vendre ses idées et je sais qu’elle partagera avec enthousiasme les décisions du conseil. Cette femme engagée et dynamique sera une joueuse importante au comité exécutif », a ajouté le maire Lussier.

« Je suis convaincu que l’équipe actuelle constituera un lien privilégié entre l’administration et les élus. »

Steve Lussier ne cache pas qu’il souhaitait une représentation de tous les arrondissements. Il ne confirme pas, toutefois, que Claude Charron sera le cinquième membre du comité exécutif, lui qui représente l’arrondissement de Lennoxville. M. Lussier laisse toutefois entendre qu’il ajoutera probablement un homme à son équipe.

Le maire avoue avoir confié la présidence du conseil à une élue d’expérience en Nicole Bergeron parce qu’il est nouveau en politique. « Présider le tout aurait peut-être été beaucoup. »

Son idée d’un comité exécutif à sept, elle, pourrait faire son chemin pour un deuxième mandat. Il n’y renonce pas.

La nouvelle présidente, Nicole Bergeron, se disait honorée de la confiance placée en elle. « Je le reçois avec beaucoup d’humilité parce que nous avons de grosses pointures à chausser. Je suis reconnaissante de pouvoir contribuer à jouer ce rôle d’importance. Un conseil, c’est une chaîne. Chaque maillon est très important. On vient de m’attribuer un rôle important. Je compte l’assumer au meilleur de mes connaissances et de mes compétences, mais je compte également sur chacun d’entre nous, qui faisons partie d’une grande équipe. Il faudra apprendre à travailler ensemble. Je compte être la personne rassembleuse, à l’écoute, pour qu’on sente qu’on ira ensemble dans la même direction. »

Les autres comités de la Ville de Sherbrooke seront formés vendredi.

Le comité exécutif sortant, présidé par Serge Paquin, comptait aussi Bruno Vachon, Chantal L’Espérance et Rémi Demers.

Des élus pris par surprise

Certains élus ont été surpris par l’annonce de la composition du comité exécutif, mardi après-midi. Si les conseillers n’ayant pas été retenus n’avaient pas été avisés, Danielle Berthold, elle, avoue être la première surprise de sa nomination.

Mme Berthold n’a appris son nouveau rôle que quelques heures avant le point de presse organisé pour les médias. 

« Je ne m’y attendais pas du tout. Quand j’ai eu l’appel ce matin, j’étais très honorée de pouvoir servir M. Lussier et de pouvoir travailler avec mes deux autres collègues. Je pense que ça envoie un message fort à la population de l’est de la ville de Sherbrooke. M. Lussier, pendant sa campagne, a toujours mentionné que l’est était important pour lui. »

Danielle Berthold était à son travail quand le téléphone a sonné, vers 11 h. « On m’a invitée à 14 h 30 pour me rencontrer. Je pensais que c’était pour les différentes présidences des comités. On m’a dit qu’à 15 h 15, on irait chercher le maire et qu’on sortirait devant les médias. " C’est parce que vous faites partie de l’exécutif ", m’a dit M. Bergeron, le chef de cabinet. C’était une belle surprise à tous les niveaux. »

Annie Gobdout, que d’aucuns voyaient à l’exécutif après la confiance manifestée par Steve Lussier la semaine dernière, n’avait pas été avisée que sa candidature n’était pas retenue. 

« J’aurais aimé le savoir avant pour que ce soit clair. Je ne savais pas jusqu’à quelle heure on pouvait attendre un appel. Je ne suis pas déçue, mais j’imagine que quelque chose d’aussi stimulant m’attend. »

Mme Godbout confirme avoir manifesté son intérêt pour l’exécutif.

Rémi Demers, qui siégeait à l’exécutif pendant le dernier mandat, a appris la composition du comité à la radio, en fin de journée. « L’exécutif pourrait m’intéresser, mais il y a plusieurs endroits où on peut servir les citoyens. Je ne suis pas déçu parce que je n’ai pas d’attentes. Les choix qui ont été faits sont des choix intéressants. Je vis très bien avec ça. »

Les conseillères choisies, elles, semblaient pensives pendant le point de presse. Elles accueillaient leur nomination avec un grand sérieux.

Nicole Bergeron, par exemple, ne souhaite pas s’imposer une pression supplémentaire en raison de son rôle. « Il ne faut pas perdre de vue qu’il y a aussi beaucoup de responsabilités sur la tête d’autres personnes qui devront s’occuper de l’environnement, des sports, de la Société de transport... Il y a des nouveaux qui arrivent, mais c’est comme ça aussi dans beaucoup d’entreprises. Il y a des baby-boomers qui quittent et qui sont remplacés par de nouvelles recrues. Les nouvelles personnes vont nous brasser un petit peu en amenant de nouvelles idées et c’est bénéfique. »

Chantal L’Espérance en sera à une troisième présence à l’exécutif. « Je trouve que c’est une belle marque de confiance de me renommer à l’exécutif et de pouvoir continuer à travailler sur les dossiers. Je pourrai assurer une certaine continuité dans les dossiers que nous avons travaillés étroitement avec la direction générale. D’apporter ma contribution avec le nouveau maire et mes deux collègues, je pense que ça fera une équipe du tonnerre. »

Enfin, Danielle Berthold y voit une grande joie après la tristesse de la défaite du Renouveau sherbrookois. Elle s’attend d’ailleurs à une rencontre d’ici la mi-décembre pour discuter de l’avenir du parti. 

« Un parti vit par ses membres. Ce sont les membres qui devront décider ce qui arrive avec le parti. Dans les statuts du parti, celui qui est chef doit se présenter à la mairie dans les élections qui suivent. Ce n’est pas du tout dans mon champ de vision pour les quatre prochaines années. Ce ne sera pas moi la chef du Renouveau sherbrookois, ça je peux vous l’assurer. »