Frédéric Martel photographié lors d’un transport au palais de justice de Sherbrooke en 2009.

Transporté par avion, Martel plaide coupable à de nouvelles accusations

Le criminel de carrière Frédéric Martel purgera une année de détention supplémentaire pour avoir fait du harcèlement criminel alors qu’il se trouvait en maison de transition.

L’individu de 40 ans était de retour devant le tribunal, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.

Il a été amené par avion à partir du pénitencier de Dorchester au Nouveau-Brunswick où il est détenu.

Martel venait d’être transféré dans un établissement de transition de Saint-Jérôme lorsqu’il a transmis un message à une femme de Saint-François-Xavier-de-Brompton lui laissant craindre pour sa sécurité en juillet 2017.

Cette victime a permis de relier Martel à une affaire de fraude à partir des murs du pénitencier à sécurité maximale de Port-Cartier pour laquelle Martel avait écopé de quatre ans de prison.

Il a contacté la plaignante par Messenger, la messagerie de Facebook.

Martel l’a abordée en demandant si elle faisait encore des impôts avant de lui mentionner qu’elle avait contribué à le faire condamner pour fraude.

Il lui a par la suite envoyé une photo de lui, torse nu, où son tatouage « Born to kill Sherbrooke » est bien en évidence.

Cette photo a fait craindre à la victime pour sa sécurité. Elle a porté plainte à la Sûreté du Québec.

Martel a vu sa liberté révoquée à la suite de cet épisode. Il a été transféré au pénitencier de Dorchester au Nouveau-Brunswick, situé à une quarantaine de kilomètres de Moncton.

Lors de son passage devant le tribunal, jeudi matin, il a demandé que le ministère public lui fasse une offre afin qu’il puisse régler cette accusation de harcèlement criminel. Après de brèves négociations avec la procureure aux poursuites criminelles Me Marie-André Ayotte, Martel a plaidé coupable à l’accusation.

Étant donné qu’il voulait se représenter seul, Me Alexandre Fleurent de l’aide juridique s’est chargé de faire les discussions avec la poursuite comme « ami de la Cour ».

Pour la sécurité de la plaignante, une probation de trois ans avec un interdit de contact avec la plaignante a été imposée.

L’individu de 40 ans a expliqué au tribunal qu’à partir des plus récents calculs de sa peine, il lui restait 30 mois de détention mois à purger, soit jusqu’au 3 février 2020 pour une peine qui doit finir le 4 mai 2021.

« J’ai décidé de plaider coupable pour me sauver des voyages du Nouveau-Brunswick », a indiqué Martel au tribunal.

Parcours judiciaire

Cette peine d’une année imposée par le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec s’ajoute à la lourde peine qu’il purge actuellement.

Celui qui se présente sur son profil Facebook comme un « bad boy à temps plein » possède une longue feuille de retour judiciaire.

Il cumule les condamnations criminelles depuis 1995, soit depuis qu’il a atteint la majorité pour des affaires de vol menaces, voies de fait entraves à la justice, menaces et harcèlement.

Sa condamnation pour fraude en 2013 a été imposée pour des crimes faits à partir du pénitencier. Il avait floué Bell et Videotron pour un montant avoisinant les 100 000 $. En 2009, il avait été condamné à sept ans de prison pour avoir attaqué un policier et avoir fait des menaces à des agents des services correctionnels. À la fin d’un interrogatoire en 2006, Martel avait asséné un violent coup de poing à un enquêteur du Service de police de Sherbrooke.

Ces événements ont complètement bouleversé la vie de l’enquêteur qui a subi un sévère traumatisme crânien, lequel a eu des impacts sur sa vie personnelle et professionnelle.