À moins d’un dénouement de dernière minute, des milliers d’élèves de la région seront privés de transport scolaire pour une période de dix jours, a indiqué Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

Transport scolaire : la grève semble inévitable

À moins d’un dénouement de dernière minute, plusieurs milliers d’élèves de la région ne pourront avoir de transport scolaire mercredi matin. Les syndiqués d’Autobus des Cantons, d’Autobus de l’Estrie et des Autobus la Sapinière débrayeront jusqu’au 17 avril.

Mardi après-midi, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a décrété la suspension du transport scolaire jusqu’au 17 avril inclusivement, à moins d’un règlement d’ici là.

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Les chauffeurs de Coaticook seront au poste aujourd’hui

Le transport par berline (circuits 900 et plus) ou par taxi (circuits 300 et plus), matin et soir, sera par ailleurs fonctionnel, et les écoles comme les services de garde seront ouverts.

Les modalités seront annoncées en temps et lieu advenant un règlement d’ici le 17 avril.

Mardi, une autre entente est intervenue, cette fois entre les syndiqués des Autobus Coaticook et l’employeur. Vendredi dernier, les travailleurs des Autobus B. Dion avaient aussi accepté une entente. (Voir autre texte)

« Ça sent la grève », déplorait mardi matin Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

« Je sais qu’il y a eu quelques échanges (entre les parties), mais ce ne sont pas des négociations officielles. Mais nos téléphones sont toujours ouverts. Nous sommes ouverts à de nouvelles offres. »

Une rencontre a eu lieu lundi entre le syndicat et le transporteur Autobus des Cantons, mais elle n’a pas permis d’en venir à une entente. 

Denis Beaudin

Rassemblement à Sherbrooke

Depuis le début des négociations, plusieurs points achoppent tant au niveau des clauses normatives qu’à incidences monétaires. On prépare un rassemblement des chauffeurs mercredi matin en vue de tenir une manifestation à l’intersection des rues King et Jacques-Cartier. Les membres des syndicats en grève profiteront de l’occasion pour distribuer des tracts à la population afin de sensibiliser celle-ci à leur réalité au travail. 

Le Tribunal administratif du travail (TAT) avait été averti en mars que les syndiqués entendent recourir à la grève du 10 au 17 avril inclusivement. À défaut d’une entente entre les parties, un autre avis pourrait annoncer des débrayages du 7 au 14 mai.

Ce n’est pas d’hier que ces conducteurs manifestent leur insatisfaction. L’automne dernier, ils se sont donné un mandat de grève à exercer au moment opportun. Ils ont aussi tenu des manifestations de visibilité baptisées « escouade jaune ».

À la CSRS, 12 000 élèves devront trouver un autre transport que l’autobus jaune et noir. La CSRS a pris des mesures particulières, spécifiques et ponctuelles, visant à favoriser la fréquentation scolaire. Pendant les journées de grève, les cafétérias, les places publiques et les cours d’école des écoles primaires et secondaires régulières seront accessibles et surveillées par des membres du personnel pendant des heures prolongées, afin de permettre aux parents de déposer et de récupérer leur jeune avant et après le travail. Au primaire, les heures de surveillance correspondront aux horaires des services de garde. Au secondaire, une surveillance des aires communes sera assurée de 7 h le matin à 18 h le soir.

On a dû annuler tous les transports, car des élèves sont transportés par plus d’un transporteur au cours de la journée. On compte neuf entreprises différentes pour assurer les 186 circuits de la CSRS, signale-t-on. Ce sont les trois transporteurs visés par la grève de mercredi qui embarquent le plus d’élèves de la CSRS.

Du côté du Service de police de Sherbrooke, on était à élaborer un plan de sécurité aux abords des écoles pour ces journées achalandées.