Le directeur d’Hydro-Sherbrooke Christian Laprise s’est dit satisfait du processus de réparation de pannes mis en place depuis vendredi. « Nous nous sommes fait des plans chaque jour et nous les avons respectés. »

Tous les clients d'Hydro-Sherbrooke rebranchés

La direction d'Hydro-Sherbrooke était confiante, lundi, d’avoir rebranché l’ensemble de ses abonnés privés de courant depuis le début de la crise provoquée par les forts vents de vendredi.

En fin d’après-midi, la société municipale répertoriait une trentaine de clients, dont plusieurs dans un terrain de camping, sans électricité sur son territoire. Les équipes affairées au travail de réparation allaient être en mesure de compléter le branchement dans les heures suivantes, assurait Christian Laprise, directeur d’Hydro-Sherbrooke.
«Nous sommes contents du processus que nous avons adopté. Nous nous sommes fait des plans chaque jour et nous les avons respectés», a-t-il réagi.
«Ce qui s’est passé, ce n’était pas aussi compliqué qu’un verglas, mais nos équipes ont travaillé très fort pour réparer le réseau.»
Lundi en fin de journée, il restait un peu plus de 8000 foyers sans électricité sur le territoire estrien d’Hydro-Québec. Le nombre a fluctué au cours de la journée.
On dénombrait près de 11 000 (10 893) clients d’Hydro-Québec sans électricité en Estrie lundi matin. En fin d’avant-midi, le total des clients sans électricité se chiffrait à 11 700, ce qui faisait de la région la plus touchée par les pannes au Québec.
Au début de l’après-midi, il se situait à 8900 abonnés.
Au cours de la journée, le nombre de pannes est passé de 611 à 513 en Estrie, signalait la société d’État.
Des équipes d’Hydro-Sherbrooke iront prêter main-forte à leurs collègues d’Hydro-Québec, ajoute M. Laprise.
«Nos équipes resteront dans la région pour aider», dit-il.
Hydro-Sherbrooke examinera la possibilité d’augmenter l’élagage des arbres près des fils électriques de son réseau. «Nous allons analyser cela pour en faire plus, car nous avons l’impression que la nature pousse plus rapidement», commente-t-il.
Comme Hydro-Québec, la société sherbrookoise n’a pas l’intention de se tourner vers l’enfouissement des lignes électriques pour éviter les pannes.
«L’enfouissement de fils, ça peut être intéressant pour se protéger les fils des arbres, mais c’est beaucoup plus coûteux. C’est dix fois le prix», analyse le gestionnaire.
Les pannes sont moins fréquentes, mais c’est plus long à réparer.»
Lundi, le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, a tenu le même discours lorsque appelé à commenter cette possibilité.

Jusqu'à mardi ou mercredi

Dimanche, le président de la société d'État, Éric Martel, a prévenu que certains d'entre eux vont encore devoir patienter jusqu'à mardi, voire même mercredi.

Les cas qu'il reste à régler sont les plus complexes et nécessitent plus de temps a expliqué le PDG d'Hydro-Québec en conférence de presse, dimanche après-midi.

Selon Éric Martel, environ 70 pour cent des pannes qui persistaient dimanche ne vont permettre de rebrancher chacune qu'une vingtaine d'abonnés. Certains clients rebranchés pourraient également être volontairement privés de service de manière temporaire dans le cadre de manoeuvres visant à permettre aux monteurs de ligne de travailler en toute sûreté.

En fin de nuit lundi, les autres régions les plus durement touchées par les pannes étaient le Centre-du-Québec (10 119 clients), la Montérégie (7369 clients), Chaudière-Appalaches (8689 clients), les Laurentides (6556 clients) et la Mauricie (4816 clients). Il s'agit des régions où les vents forts ont causé le plus de dommages aux arbres.

Dans ces régions, Hydro-Québec doit prioriser une cinquantaine de cas qui représentent des services essentiels, dont des hôpitaux ou des stations de traitement d'eau.

Une centaine d'écoles du Québec ont également été touchées par des pannes et plusieurs établissements pourraient demeurer fermés lundi.

En matinée, dimanche, le porte-parole d'Hydro-Québec Cendrix Bouchard suggérait aux gens privés de courant de trouver refuge chez des proches.

«Si des gens ont la possibilité de se rendre chez des membres de la famille ou encore de quitter leur résidence, c'est une bonne idée de le faire. Cependant, il faut être conscient que l'on continue de travailler dans l'optique de tenter de rebrancher tout le monde le plus rapidement possible», a-t-il proposé.

Plus de mille monteurs

Tous les employés disponibles d'Hydro-Québec ont été déployés sur le terrain pour résoudre la crise qui affecte son réseau. Selon les chiffres partagés par Éric Martel, 1400 monteurs de lignes étaient sur le terrain dimanche.

Des renforts venus de l'extérieur étaient également à l'oeuvre. Il s'agit de travailleurs de Detroit aux États-Unis, d'Ottawa, de Magog et du Nouveau-Brunswick. D'autres effectifs du Connecticut pourraient s'ajouter lundi, portant le total des travailleurs à pied d'oeuvre à 1500.

Au plus fort de la crise, 990 000 foyers, commerces et entreprises étaient touchés par ces pannes. Le premier ministre François Legault a parlé de «la pire situation depuis la fameuse crise du verglas de 1998», lors d'une conférence de presse samedi. Il a invité les citoyens touchés à trouver refuge chez des proches ou dans des centres d'hébergement, en rappelant les consignes de sécurité d'usage.

«Le nombre peut amener les gens à faire un rapprochement, c'est-à-dire en 1998 il y avait 1,5 million de personnes et cette fois-ci près d'un million de clients privés d'électricité», a reconnu le porte-parole d'Hydro-Québec. Cendrix Bouchard a tenu toutefois à faire une distinction entre la situation actuelle et la crise du verglas de 1998.

«La comparaison s'arrête au nombre parce qu'en 1998, c'était vraiment une panne sur notre réseau de transport, notre réseau de transmission avec des pylônes en acier qui ont cédé sous le poids de la glace. Cette fois, c'est notre réseau de distribution qui repose sur des poteaux de bois, près des résidences, qui a été affecté», a-t-il précisé.

«Les vents ont tout simplement cassé les branches des arbres qui sont entrées en contact avec notre réseau à 2500 points, donc c'est ce qui a causé ces pannes.»

Par ailleurs, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a réitéré ses appels à la prudence, notamment près des fils électriques.

«Ne vous approchez pas des fils en réparation. Ne tentez pas de vous improviser monteur en ligne. C'est dangereux. Ne restez pas à proximité des équipes de travail qui sont dans des situations dangereuses pour le commun des citoyens», a-t-il dit.