Le comité exécutif de la Ville de Sherbrooke a tranché : Sherbrooke n'acceptera pas la proposition du Comité de citoyens Sauvé-Dunant de participer à une séance de médiation avec l'organisme Le Pont dans le dossier du terrain situé au coin des rues Thibault et Dunant.

Thibault-Dunant : la Ville et le promoteur n'iront pas en médiation

Le comité exécutif de la Ville de Sherbrooke a tranché : Sherbrooke n'acceptera pas la proposition du Comité de citoyens Sauvé-Dunant de participer à une séance de médiation avec l'organisme Le Pont dans le dossier du terrain situé au coin des rues Thibault et Dunant. Une médiation serait incohérente avec la position de la Ville, qui se dit à l'aise avec le cheminement du dossier.
Lundi, les citoyens avaient proposé de s'asseoir avec la Ville et le propriétaire du terrain pour éviter la construction d'une station-service et trouver un compromis qui conviendrait à toutes les parties. Le maire Bernard Sévigny s'était engagé à étudier la suggestion au comité exécutif de mardi.
« Nous n'avons pas l'intention de participer à une médiation, autant en raison de la nature du dossier que de la posture dans laquelle la Ville se mettrait. Nous travaillons dans un cadre légal et tout s'est fait dans les règles de l'art. Nous ne voulons pas participer à un exercice de médiation qui voudrait dire que nous engageons des fonds publics », commente M. Sévigny.
Le maire rapporte avoir parlé au promoteur, Luc Elias, qui lui aurait confirmé son intention d'exercer les droits acquis avec l'obtention de son permis de construction. « Il m'a dit qu'il n'avait pas d'appétit pour un exercice de médiation. »
M. Élias confirme qu'il n'ira pas en médiation. « Ce n'est pas un comité de citoyens. Ce sont deux voisins qui font du porte-à-porte pour influencer les gens. Je suis prêt à les rencontrer, mais pas pour pelleter des nuages. Moi, je vends un terrain. La Ville en était propriétaire depuis 1966 et personne n'en voulait. Il y avait un gros travail de préparation à faire. Assez c'est assez. Il y a deux résidants qui veulent gonfler un projet. Beaucoup trouveront pratique d'avoir du commerce de proximité dans le secteur. Les gens ne savent pas où aller pour acheter un café. Ils prennent souvent la 410 pour aller faire leur épicerie sur le boulevard Bourque... »
Luc Élias avance discuter avec deux acheteurs potentiels depuis plusieurs mois et être ouvert à ce que les citoyens fassent une offre d'achat. « Les pétrolières ont des développeurs qui choisissent des lieux et qui font des études de marché. Quand on voit ce que j'ai développé, par exemple le secteur Marini à Rock Forest, on voit que j'ai quand même le souci du détail. J'impose même des restrictions plus sévères que la Ville dans mes projets. »
Bernard Sévigny ajoute avoir averti la porte-parole du comité de citoyens, Dominique Vigneux-Parent.
« Mon appréciation, celle du comité exécutif et je pense celle du conseil municipal, c'est que sur le fond, nous ne sommes pas d'accord avec les citoyens. Quand nous comparons l'enjeu soulevé avec les pressions que nous subissons pour l'implantation de services de proximité sur la rue Dunant, qui est une rue collectrice, nous ne voulons pas négocier dans une situation où nous sommes confortables avec la décision qui a été prise. »
M. Sévigny répète que le terrain en question a toujours été zoné commercial dans l'ancienne ville d'Ascot et que ce n'est pas la première fois qu'un promoteur exerce ses droits dans une période de transition, alors que le zonage de son terrain était destiné à changer. « Nous n'avons rien à nous reprocher sur le plan légal ou sur le plan moral. »
La Ville n'a pas l'intention, non plus, de contribuer à l'acquisition du terrain par les citoyens, comme l'espérait Mme Vigneux-Parent.