Près d’une centaine de personnes ont assisté à une réunion d’information concernant les nouvelles orientations prises par Gestion Loisirs Plus qui gère désormais le Centre récréatif Rock Forest.

Tennis à Sherbrooke: un tarif supplémentaire sème la grogne

L’atmosphère était chargée et émotive, mercredi soir au Centre culturel Pierre-Gobeil. Près d’une centaine de joueurs de tennis évoluant au Centre récréatif de Rock Forest (CRRF) ont participé à une réunion d’information, organisée par la Ville de Sherbrooke concernant la nouvelle tarification 2018-19 en vigueur depuis le 1er septembre dernier. Le principal point de litige est l’imposition d’une augmentation de 50% des tarifs d’abonnement aux joueurs qui ne résident pas à Sherbrooke et la fin de l’exclusivité de l’offre de services de l’école de tennis Tennestrie au CRRF.

La petite salle attenante à la bibliothèque située dans l’arrondissement Rock Forest était remplie, plusieurs personnes ont assisté à la rencontre debout.

Jean-Yves La Rougerie (Directeur du Service des sports de la culture et de la vie communautaire de la Ville de Sherbrooke), le président du comité sport et du plein air et conseiller municipal Vincent Boutin et Ingrid Dubuc (Chef de la division des sports) ont essuyé le barrage de questions des gens présents qui remettaient en cause les orientations de l’organisme désormais responsable de gérer le CRRF, soit Gestion Loisirs Plus (GLP).

Le CRRF a été propriété et géré par la CDESC (Corporation de développement économique, social et communautaire) de 1987 à 2016, date à laquelle la Ville de Sherbrooke s’est portée acquéreur du bâtiment, de la dette et de l’hypothèque, pour un montant global de 3,3 millions de dollars.

GLP est un organisme à but non lucratif (ONBL) et il s’occupe de la gestion des installations depuis le 1er janvier dernier.

«Le mandat de GLP est de faire d’abord respecter la tarification émise par la Ville dans ses autres services. Il est normal que des citoyens qui ne sont pas résidents de Sherbrooke payent une surprime, comme c’est le cas pour les piscines aussi», a dit Vincent Boutin.

«C’est conforme au règlement municipal 7.7.46», a poursuivi Ingrid Dubuc.

Au total, le CRRF comprend 520 membres, dont 305 sont non-résidents de Sherbrooke et 215 sont résidents de Sherbrooke.

Les temps fixes seront aussi remis en question; ceux qui ne seront pas réutilisés seront abandonnés, confirme Ingrid Dubuc.

«Ça ne se fera pas du jour au lendemain, on ne veut pas trop bousculer les temps acquis. L’objectif est de rendre plus de plages horaires accessibles aux jeunes et aux familles. C’est dans notre mandat. On doit créer les conditions favorables en ce sens», a-t-elle dit.

La majorité des gens présents s’interrogeait sur le bien-fondé des actions mises sur pied par la Ville, via GLP, depuis qu’elle s’est portée acquéreur du CRRF; ils ont mentionné que l’augmentation du tarif des non-résidents forcerait probablement plusieurs de ces derniers à cesser de jouer.

Les utilisateurs ont clairement exprimé leur crainte de voir disparaître le club.

«Vous dites que votre objectif est la pérennité et la rentabilité du CRRF, mais augmenter ainsi les tarifs risquent de vous faire perdre beaucoup de membres», se sont offusqués plusieurs personnes.

«Le coût des temps fixes est devenu astronomique, il est rendu à 600$ par court, pour 33 semaines. C’est plus cher que pour des services comparables à Rimouski et Drummondville», a déploré Vincent Roselli.

«Le règlement numéro 1 quant à la tarification, c’est la colonne vertébrale de la vie municipale. Les non-résidents, c’est 50%, comme pour les autres services municipaux. Si le service ne s’avère pas rentable, on pourra lui donner un autre usage. Comme au Centre Julien-Ducharme (CJD), où on a fermé les courts de racquetball, qui n’étaient plus utilisés ou presque. C’est un service public, si l’achalandage n’est plus au rendez-vous, on devra se poser des questions sur la vocation du bâtiment, comme on l’a fait pour CERAS», a précisé Vincent Boutin.

«Les joueurs des ligues de garage qui sont non-résidents de Sherbrooke, est-ce qu’ils payent cette surprime», ont demandé quelques personnes, sans obtenir une réponse claire.

«J’ai peur que les gens de mon groupe, qui proviennent de l’extérieur de Sherbrooke, ne soient plus capables de s’offrir la carte de membre à cause du nouveau tarif. Il doit bien y avoir une autre façon. C’est important, à un certain âge, de demeurer actif», a dit une dame.

Des citoyens ont soulevé la possibilité d’obtenir des ententes avec leurs municipalités respectives afin de se faire rembourser les surplus occasionnés par l’augmentation des frais aux non-résidents.

Outre Sherbrooke, le centre de tennis intérieur le plus près est situé à Drummondville.

«Dans ce cas, ce serait aux résidents d’amorcer eux-mêmes la démarche auprès de leur municipalité qui n’offre pas ce service», a indiqué Ingrid Dubuc.

Tennestrie et l’exclusivité

Le retrait de l’exclusivité de l’offre de service en tennis au CRRF à l’école de tennis Tennestrie a aussi fait beaucoup réagir.

Les gens présents ont massivement appuyé les services offerts par l’école de François Lefebvre et de Pierre Ouzilleau, qui oeuvre depuis une trentaine d’années.

«On ne leur demande pas de partir, on signifie seulement qu’on retire l’exclusivité; comme il s’agit d’une entreprise privée qui oeuvre dans une structure municipale, on doit procéder ainsi, afin que les prix soient au juste coût du marché. On veut ouvrir ça (l’offre de cours de tennis, NDLR) à tout le monde», a poursuivi Vincent Boutin.

«On va s’asseoir avec la Ville pour voir ce qu’on peut faire», a dit François Lefebvre.

Tennis Sherbrooke

Tennis Sherbrooke a été créé en 2013 afin d’être le répondant en matière de développement du tennis à Sherbrooke.

L’organisation de l’organisme va bon train, mais la Ville est en attente d’un plan plus précis avant de statuer sur certains dossiers.

Ironiquement, les membres de Tennis Sherbrooke n’avaient pas été formellement invités, mercredi soir, à la rencontre d’information. Sa nouvelle présidente, Lynda Rondeau, de même que l’ancien président Richard Duval, entre autres, étaient sur place.

D’ailleurs, il a fallu que les interlocuteurs présents précisent le mandat de chaque intervenant, dont Tennis Sherbrooke et Tennestrie. Il y semblait y avoir beaucoup de confusion à ce sujet.

«On existe, nos dossiers cheminent et on veut maximiser l’utilisation de nos terrains. Pour nous, le mandat de GLP n’est pas clair», ont dit Mme Rondeau et M. Duval.

Pour François Villeneuve, de Tennis Sherbrooke, il est inconcevable de mettre fin à l’exclusivité de Tennestrie.

«On attend un plan d’action de Tennis Sherbrooke, l’organisme doit se structurer et définir un plan d’action pour le développement du tennis», a dit Ingrid Dubuc.

Les intervenants municipaux ont conclu la réunion en réaffirmant que les changements apportés étaient définitifs.