Surconsommation d'alcool: un jeune aux urgences tous les deux jours

La surconsommation d'alcool fait des ravages chez les jeunes en Estrie. Des problèmes de santé importants et plusieurs inconduites y sont attribuables, avertit une récente étude.

Entre 2012 et 2017, tous les deux jours, un jeune âgé entre 12 et 24 ans s’est présenté pour aux urgences de l’Hôpital Fleurimont et de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke. Dans le tiers des cas (29 %), des jeunes se sont présentés à l’urgence le samedi soir. Plus des trois quarts (76%) des patients avaient été transportés en ambulance. En moyenne, les personnes qui ont consulté dans les urgences avaient 19 ans, le plus jeune patient avait 12 ans.

Le pédiatre Dr Claude Cyr a constaté que les admissions à l’hôpital pour une urgence médicale reliée à l’alcool sont fréquentes et graves, particulièrement chez les jeunes adultes, mais aussi chez les mineurs, a-t-il déclaré mardi matin.

Il s’est penché sur cette problématique par l’entremise de la recherche en santé afin de trouver des pistes de solutions pour réduire les incidents défavorables, particulièrement lors d'événements spéciaux, comme c’est le cas à la rentrée scolaire, à l’Halloween, en fin de session ou encore à la relâche.

Dans une enquête récente faite à Sherbrooke, le professeur-chercheur relate que 70 % des jeunes ont déclaré avoir eu une consommation excessive au cours du dernier mois. « Ce qui m’inquiète le plus c’est que 51 % des jeunes subissent des méfaits liés à leur consommation, dont 41 % des méfaits physiques importants», analyse-t-il.

«Plus de 15 % des répondants décrivaient spontanément une dépendance et 7 % des problèmes académiques reliés à leur consommation d’alcool. On parle de jeunes de 17 à 25 ans! L’alcool fait partie de la vie de nos jeunes, mais ne doit pas en diminuer la qualité.»

L’étude montre que neuf jeunes sur dix consomment de l’alcool avant d’atteindre l’âge légal et que 68,7 % des étudiants de secondaire 3 et 90,3 % des étudiants de secondaire 5 ont bu des boissons alcoolisées au cours des 12 derniers mois.

Chez les étudiants de niveau postsecondaire, la consommation d’alcool atteint 93,2 %.


Claude Cyr