Le président du syndicat des chauffeurs, Jean-Pierre Guay, s'explique mal les critiques formulées au conseil municipal lundi à l'endroit du travail de ses collègues de travail. Il déplore aussi que plusieurs automobilistes manquent d'attention et refusent de céder le passage aux autobus.

STS: le président du syndicat défend ses membres

En 2015, ce sont 273 des 793 plaintes enregistrées à la Société de transport de Sherbrooke (STS) qui concernaient l'attitude des chauffeurs. Les statistiques risquent d'être semblables dans le rapport annuel 2016, laisse entendre le président de la STS, Bruno Vachon. Le président du syndicat des chauffeurs, Jean-Pierre Guay, s'explique mal les critiques formulées au conseil municipal lundi à l'endroit du travail de ses collègues.
Rappelons que le citoyen Bruno Falardeau a dénoncé lundi l'attitude de certains chauffeurs qui, selon lui, freinent brusquement, commettent des excès de vitesse ou manquent de courtoisie envers les passagers. M. Vachon estimait pour sa part que les plaintes en ce sens étaient rares. « 273 plaintes sur huit millions de transports, c'est relatif. On ne dit pas qu'il n'y en a pas, mais ce n'est pas beaucoup », a statué le président de la STS.
Le président du syndicat des chauffeurs, lui, martèle qu'il ne comprend pas la sortie du citoyen à l'hôtel de ville. « Je ne comprends pas pourquoi un étudiant a du temps à perdre à se rendre à l'hôtel de ville. Peut-être qu'il a manqué son autobus ou qu'il a été insulté par un chauffeur, mais il ne faut vraiment pas généraliser. Il est possible que sur les 125 chauffeurs, certains freinent sec. Certains sont incapables de voir sur le MDT (NDRL : le système satellite qui permet de les situer sur le réseau) qu'ils sont en retard sur l'horaire, donc ils vont peut-être trop vite. Les temps qui nous sont alloués sur les parcours ne sont pas toujours réalistes, mais nous répétons qu'il faut respecter le code de la sécurité routière. Moi je suis souvent en retard parce que je respecte les limites de vitesse », commente M. Guay.
Quant à l'accident rapporté sur le boulevard Bourque, Jean-Pierre Guay rapporte que ce secteur est problématique. « Quand nous stationnons devant le Irving, nous mettons le clignotant, mais souvent, les gens ne nous laissent pas de chance. Nous devons prendre notre place, sinon, nous ne décollerons jamais de là. »
M. Guay ajoute qu'il est possible que des départs soient retardés parce qu'un chauffeur doit s'arrêter aux toilettes ou pour faire chauffer son repas. Les temps de battement sont souvent trop courts pour permettre ces pauses, indique-t-il.
Courtoisie
Le chauffeur d'autobus déplore par ailleurs que plusieurs automobilistes manquent d'attention et refusent de céder le passage aux autobus. Quoi qu'il en soit, Jean-Pierre Guay ajoute qu'il faut demeurer poli avec les clients. « La personne qui amène du pain et du beurre, c'est le client. Ne l'oubliez jamais. »
Plusieurs témoignages se sont néanmoins ajoutés à ceux de M. Falardeau, mardi. Francis B. Lavoie rapporte vivre des situations déplorables presque chaque semaine. Il cite les excès de vitesse, les blasphèmes, les écouteurs dans les oreilles des chauffeurs, les heures de départ qui ne sont pas respectées. « Utiliser la STS serait beaucoup plus agréable si le comportement de plusieurs chauffeurs était révisé », dit-il.
Line Girard, sur Facebook, dit déménager pour se rapprocher de son travail et, entre autres, pour ne plus avoir à prendre l'autobus. Audrey Girard avance avoir fait plusieurs plaintes concernant la vitesse, mais n'avoir jamais eu de retour.
Enfin, Bruno Vachon se dit conscient que le nouveau réseau met de la pression sur les chauffeurs, si bien que 15 heures seront ajoutées au réseau pour permettre un meilleur arrimage des circuits ou pour réduire l'effet des contretemps sur les employés et les usagers. « On n'ajoute pas de kilomètres. On ne change pas les horaires. Nous procédons à des ajustements. Jamais nous ne demanderons à nos chauffeurs d'enfreindre la loi. »