Des cols bleus et des chauffeurs de la STS ont manifesté devant l’Hôtel de ville pour dénoncer des contrats en sous-traitance das le transport en commun.

STS : la sous-traitance dénoncée

Les chauffeurs de la Société de transport de Sherbrooke (STS) s’inquiètent de la sous-traitance dans le transport en commun au point où ils ont adressé une lettre à la vérificatrice générale, Andrée Cossette, pour qu’elle se penche sur la question. Ils ont tenu une manifestation lundi soir, avec une soixantaine de membres des syndicats du transport terrestre de Sherbrooke, de Montréal, de Trois-Rivières et de Longueuil, pour dénoncer cette sous-traitance.

« Nous souhaitons attirer votre attention en ce qui a trait à un contrat de gré à gré de 26,7 M$ accordé à Les Promenades de l’Estrie. Bien qu’il existe certaines exceptions dans la loi qui permettent d’octroyer des contrats sans appel d’offres, cela nous apparaît inacceptable, autant du point de vue éthique que sur le plan de la saine gestion des fonds publics », lit-on dans la lettre acheminée à la vérificatrice générale et signée par le président du syndicat, Jean-Pierre Guay.

« La situation à Sherbrooke est à notre sens une anomalie, avec près de 50 % des circuits qui sont donnés à la sous-traitance. Du côté des cols bleus, il y a détérioration des services dans les arrondissements où la sous-traitance a pris de la place. Le travail à l’interne, c’est la meilleure garantie de qualité et de transparence », a indiqué Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique.

« Depuis des années, il y a un débat sur la transparence dans les dépenses publiques. Nous avons demandé des renseignements et nous n’avons pas été capables d’en avoir. Ce soir (lundi), je vous tends la main pour ramener du travail à l’interne. Nous vous demandons de faire confiance à votre main-d’œuvre », a ajouté M. Ranger, déplorant que certains citoyens ne puissent pas entrer dans la salle du conseil en raison des normes du Service de protection contre les incendies.

Les citoyens, jumelés au nombre de représentants du syndicat, étaient effectivement trop nombreux pour la capacité de la salle du conseil.

« Le service aux usagers est inférieur à cause de toute cette sous-traitance à la STS. Les véhicules du sous-traitant sont moins bien entretenus, moins performants et moins bien adaptés. Il y a donc un service à deux vitesses avec ce réseau parallèle », ajoute le vice-président du syndicat des chauffeurs, André Marsan.

Le SCFP indique qu’il surveillera de près le dossier de la sous-traitance à Sherbrooke au cours des prochains mois.

Le président de la STS, Marc Denault, a rapporté que son organisation avait créé 18 emplois dans la dernière année. « C’est une croissance de 12 %. »

« Pour la sous-traitance, nous avons sollicité cinq entreprises et nous en avons sélectionné une avec laquelle nous avons négocié de gré à gré. Tout est public en demande d’accès à l’information. Maintenant, la négociation ne se fait pas dans les médias. La meilleure place pour négocier, c’est la table de négociation. »

Les syndiqués ont quitté la salle du conseil en applaudissant et en scandant « solidarité », ce qui a interrompu le déroulement de la séance du conseil pendant quelques instants. Jonathan Custeau