Steve Lussier : « Je suis très près des entrepreneurs et des promoteurs. Si quelqu’un les rencontre, c’est bien moi. Jamais la Ville ne s’est développée à une telle vitesse. C’est ce qui me démarque le plus des autres et c’est pour ça que je veux faire un deuxième mandat. »
 Steve Lussier : « Je suis très près des entrepreneurs et des promoteurs. Si quelqu’un les rencontre, c’est bien moi. Jamais la Ville ne s’est développée à une telle vitesse. C’est ce qui me démarque le plus des autres et c’est pour ça que je veux faire un deuxième mandat. »

Steve Lussier veut un deuxième mandat

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
À un an des élections municipales, La Tribune dresse un portrait de l’échiquier politique sherbrookois en plus de proposer une entrevue avec le maire Steve Lussier et avec la chef de l’opposition désignée, Évelyne Beaudin.

Le maire Steve Lussier avait promis qu’il se limiterait à deux mandats. C’est donc sans surprise, après trois ans au pouvoir d’un premier mandat, qu’il annonce vouloir que les Sherbrookois lui renouvellent leur confiance pour assurer une continuité. La création d’une zone d’innovation en science quantique, qu’il souhaite dans la prochaine année, pourrait être la pierre d’assise pour un deuxième mandat.

Il l’affirme comme une évidence : c’est à nouveau comme indépendant qu’il se présentera aux électeurs. « Sherbrooke reste une ville inspirante et prospère où il fait bon vivre. Je veux développer notre savoir. Je suis là pour accompagner la population dans la prospérité. Le momentum est très bon. Il ne faut pas le perdre. »

M. Lussier promet des annonces importantes dans les prochaines semaines. La zone d’innovation, une création du ministère de l’Économie et de l’Innovation que le gouvernement devait désigner avant la pandémie, est toujours attendue. Celle-ci vise à positionner la région avantageusement, comme spécialiste de la science quantique, en prévision d’investissements étrangers. « Nous nous attendons à des nouvelles très bientôt. C’est un dossier qu’on a bien monté. On va réussir. Nous visons la rétention du savoir, notamment celui de nos deux universités. »

Pour le maire, « la zone d’innovation fera énormément bouger notre ville ». Dans les plans déposés en janvier, elle se découpe en trois secteurs distincts, soit celui de l’Université de Sherbrooke, le secteur manufacturier innovant, le long de la rivière Magog, entre la plage Lucien-Blanchard et la rue Belvédère Sud, et le centre-ville, qui inclut le Cégep de Sherbrooke et le secteur à redévelopper après la construction du pont des Grandes-Fourches. Le secteur où se trouvait la place Nikitotek est qualifié de « Zone TI ».

Selon Steve Lussier, il s’agira donc d’un parc industriel 2.0. qui, à l’instar du parc industriel régional, permettra d’attirer des entreprises. « Pour le parc industriel, je suis allé à l’étranger chercher des entreprises. J’ai fait de la croissance différemment. Je suis très près des entrepreneurs et des promoteurs. Si quelqu’un les rencontre, c’est bien moi. Jamais la Ville ne s’est développée à une telle vitesse. C’est ce qui me démarque le plus des autres et c’est pour ça que je veux faire un deuxième mandat. »

Parmi les autres nouvelles attendues d’ici la fin du mandat : des améliorations au transport ferroviaire. Le projet de train de passagers entre Sherbrooke et Montréal a fait moins de bruit dans la dernière année. « Nous sommes sur la bonne voie. Nous aurons probablement de belles annonces avec l’alliance ferroviaire. Je souhaite aussi régler le problème de la gare de triage. Je suis actif à ce sujet avec la mairesse de Magog. »

Steve Lussier souhaite en effet déplacer les activités de la gare de triage du centre-ville de Sherbrooke vers Magog.

Transparence et comités

En ce qui concerne la transparence, M. Lussier se défend de cacher de l’information. « La transparence est là plus que jamais », affirme-t-il, même si le nombre de pléniers publics est plus bas sous son administration. « Les gens ont accès à toute la documentation. Nous sommes très ouverts pour les pléniers publics. On fait des soirées de consultation en webdiffusion pour plusieurs dossiers. »

L’ensemble du conseil municipal a pourtant été entaché pour des histoires de procès-verbaux retenus pour éviter que les journalistes constatent les dissensions à Destination Sherbrooke. « Notre Service des affaires juridiques travaille pour améliorer les pratiques concernant les procès-verbaux. Nous travaillons aussi sur de nouvelles méthodes pour faciliter les consultations écrites. »

Quant à la réforme des comités, attendue cette année pour alléger la tâche des élus, elle ne se réalisera pas avant le prochain mandat. L’administration précédente avait pourtant refusé de se prononcer pour laisser toute la place aux nouveaux élus afin de déterminer leur propre façon d’organiser le travail. Un rapport a été commandé à l’ex-conseiller Bernard Tanguay, qui recommandait clairement de réduire le nombre de comités à Sherbrooke. 

« Si nous n’avions pas eu la pandémie, le document était prêt. À la demande des élus, j’ai repris le travail. Il n’y aura pas énormément de coupures. Il y en a certaines que nous ne serons pas capables de faire dans ce mandat-ci. Dans quelques semaines, nous pourrons déposer une proposition », affirme M. Lussier. 

Il s’agit d’un changement de cap après qu’il eut annoncé qu’aucune modification ne pourrait être apportée dans l’actuel mandat. 

Enfin, Steve Lussier a proposé en février dernier une réforme de l’affichage électoral pour réduire la pollution, soit en désignant des endroits précis pour installer lesdites pancartes et en en limitant le nombre. Prêchera-t-il par l’exemple en utilisant moins d’affiches en prévision des élections de novembre 2021? « Je vais attendre de voir ce que le Directeur général des élections (DGEQ) en pense et ensuite je déposerai l’idée au conseil municipal pour qu’on trouve un affichage écologique. »

M. Lussier dit avoir envoyé un document au DGEQ et il sait que l’idée ne fait pas l’unanimité auprès des autres maires de la province. « Certains ont beaucoup de réticences, mais je souhaite qu’on y arrive à moyen terme. »