Un des objectifs de la Politique de gestion des stationnements du centre-ville sera d’éliminer les stationnements de surface pour permettre une densification de l’espace.

Stationnement au centre-ville : 27 actions sur la table

Créer des espaces de stationnement réservés aux véhicules électriques, optimiser la signalisation pour localiser les stationnements et offrir des incitatifs au covoiturage sont quelques-unes des 27 actions proposées dans la Politique de gestion des stationnements du centre-ville de Sherbrooke dévoilée mardi. La conseillère Évelyne Beaudin, insatisfaite du travail réalisé, a enregistré sa dissidence.

« Nous ne sommes pas beaucoup de villes au Québec à aller de l’avant avec une politique de gestion du stationnement », lance fièrement Yves Tremblay, directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire à la Ville de Sherbrooke. Il qualifie les stationnements de leviers pour influencer davantage le développement au centre-ville, puisque les endroits pour garer les voitures pourront être transformés en espaces taxables.

À l’heure actuelle, le stationnement représente 25 % de la superficie du centre-ville et 20 % des cases sont la propriété de la Ville.

Les 27 actions comprennent aussi la création d’un comité multidisciplinaire, la concentration du stationnement dans un endroit par secteur plutôt que l’éparpillement, la création d’un pôle de transport multimodal, le développement de l’autopartage et du vélopartage, l’aménagement d’abris-vélo près des stationnements publics et le passage au système de paiement par plaque d’immatriculation. Cette façon de faire ne nécessiterait pas de changement complet des bornes déjà en place, mais devrait faire l’objet d’une analyse.

On note que 70 % des déplacements au centre-ville se font en voiture. Ce secteur de la ville compte 12 000 cases de stationnement, dont 2700 sont publiques. Une des volontés est de diminuer le stationnement de surface pour permettre la construction de bâtiments. Il s’agit de la seule façon de densifier le centre-ville.

Évelyne Beaudin a été la seule à émettre des bémols à propos du document. « Même si je sens beaucoup de bonnes intentions, je trouve qu’il y a aussi beaucoup de problèmes. Il y a une contradiction de présenter le stationnement comme un facteur d’attractivité et de promettre d’essayer de changer les habitudes des gens en ne proposant rien de concret. [...] Sur 52 pages, on n’aborde pas la question de nos besoins en stationnement au centre-ville. On s’apprête à construire 715 cases, mais on ne sait pas si c’est nécessaire », dit-elle en référence au projet du Quartier Well Sud, qui consiste entre autres à reconstruire le stationnement étagé de la rue du Dépôt.

Rémi Demers, lui, salue la création d’un comité qui assurera le suivi de la politique de gestion. « Ça fait longtemps que je mentionne l’importance de remettre en place le comité de gestion des stationnements. Je suis heureux aussi que l’objectif soit de déborder du centre-ville. L’Hôtel-Dieu a un impact important sur le stationnement dans mon quartier. Je souhaite que les élus et les commerçants soient impliqués dans les décisions associées au stationnement. »

Marc Denault aime particulièrement l’idée de créer des places réservées pour les automobilistes qui feraient du covoiturage. « On parle aussi d’offrir au personnel municipal un programme incitatif semblable à celui de l’Université ou du CHUS. Il ne faut pas s’arrêter à la Ville de Sherbrooke, mais élargir à ceux qui veulent s’établir au centre-ville. »

Chantal L’Espérance explique que le sujet du stationnement a entraîné des inquiétudes et des discussions controversées au comité de revitalisation du centre-ville, comité qu’elle préside. « La consultation que nous avons tenue en avril a permis de défaire des mythes et de confirmer des intuitions que nous avions. Il y a quand même encore 80 % des déplacements qui se font en autobus. Ce plan sera la première base pour développer de façon intelligente l’approche pour le stationnement. »

Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, lève pour sa part la main pour faire partie du comité de suivi. « Je trouve le titre de la politique réducteur. Ça devrait plutôt être une politique de gestion des déplacements parce qu’on parle de trouver des façons de diminuer le nombre de cases de stationnement. »

Le maire Steve Lussier a salué l’idée de l’autopartage. « J’embarquerais moi-même là-dedans. »