Pierre Grégoire

SSJB: un nouveau président qui arrive dans la bisbille

La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) du diocèse de Sherbrooke a un nouveau président. Pierre Grégoire succède à Micheline Dupuis, qui occupait cette fonction depuis 30 ans. Celle-ci devient vice-présidente de l’organisme d’environ 6000 membres. Cette nomination s’est fait à l’assemblée générale annuelle de la SSJB qui a réuni une trentaine de membres dimanche.

M. Grégoire s’implique pour la première fois dans l’exécutif de la SSJB. Il est membre depuis 2011.

Son défi est de lui donner un nouveau souffle. « J’étais un témoin depuis quelques années. C’est un organisme garant de plusieurs traditions, un organisme historique. Il y a un beau membership, qui peut être accru. On peut aller chercher de nouveaux membres, ce qui est important. Je vois ça comme un beau défi », décrit-il.

Par ailleurs M. Grégoire ne peut dire à ce moment-ci si on nommera un directeur général pour succéder à Pierre Tardif qui a pris sa retraite en janvier dernier. « C’est le conseil d’administration qui va décider. »

M. Grégoire arrive dans la bisbille. C’est que le combat mené par le membre Étienne-Alexis Boucher face à l’organisme n’est pas terminé. Selon M. Boucher, qui était présent à l’assemblée dimanche, l’organisme fait preuve de mauvaise gestion en adoptant des règlements plus rigides. Entre autres, les gens de moins de 60 ans doivent désormais souscrire à une assurance-vie pour être membres de la SSJB.

Étienne-Alexis Boucher ne sait pas s’il va relancer le processus judiciaire contre la SSJB.

« Non seulement les dirigeants de la SSJB restreignent l’accès au membrariat, mais qui plus est consacrent le détournement de la mission historique poursuivie par l’organisme, qui n’a manifestement plus que la volonté d’être une simple compagnie d’assurance », considère l’ancien député péquiste.

« On va en discuter, mais je ne crois pas que ce soit quelque chose qui risque de poser problème, pense M. Grégoire. [...] La SSJB vend des assurances, c’est notre pain et notre beurre. Les membres qui étaient là étaient très satisfaits des nouveaux règlements, ce n’était pas un problème. C’est d’assurer des revenus et d’assurer les opérations d’assurances. C’est un service aux membres. Il y a des actifs que la Société gère. C’est très important. » Rappelons qu’en 2017, la SSJB avait refusé 525 demandes de membrariat proposées par M. Boucher. Celui-ci avait, à l’époque, l’intention de dépoussiérer l’organisme.

« Malgré le fait que ça fait deux ans que des centaines de personnes ont voulu adhérer à la Société, ce qui a mis une certaine pression sur l’organisme pour qu’elle fasse un peu de ménage dans ses pratiques très questionnables, on est encore au même point. Des sections locales semblent tenir leur assemblée générale annuelle sans convocation de leurs membres. Tout le processus qui entoure l’organisation d’une assemblée générale locale, c’est complètement arbitraire, aléatoire et ça ne respecte pas à nos yeux les principes de justice et de démocratie naturelle. C’est un problème », décrit Étienne-Alexis Boucher.

Le nouveau président ne maîtrise pas encore ce litige. « Moi je ne faisais pas partie du conseil à cette époque. J’ai suivi le dossier de loin comme l’ensemble de la population », avoue-t-il.

Outre l’obligation de contracter une assurance, d’autres mesures ont été prises par la SSJB « visant à rendre beaucoup plus difficile le fait de devenir membre, mais aussi de pouvoir exercer ses droits de membres », selon M. Boucher. « Il y aura un coût d’accès à l’assemblée générale. Si un membre ou un délégué désire rester pour un repas, il devra s’acquitter d’un paiement de 27,50 $. Je ne connais pas d’organisme sans but lucratif ou de la société civile qui met un tel coût lié à l’accès d’une AG », déplore le président de la Société nationale de l’Estrie.

« Ç’a été discuté, répond M. Grégoire. Ça permet de payer la salle et le traiteur. Le repas fait partie du décorum. Si 200 personnes se pointent tout d’un coup, ça ne fera pas avec le traiteur. Il y a une logistique à respecter. »

Étienne-Alexis Boucher déplore la position prise par la SSJB et s’en dit surpris. « Malgré la démonstration des grandes lacunes que cet organisme présentait, notamment dans la gouvernance, ces gens ont décidé qu’ils n’avaient pas à modifier leurs pratiques. (...) Je vais continuer en tant que membre à en appeler à une réforme des instances, à une meilleure gouvernance. Est-ce qu’on va relancer le processus judiciaire qui a été stoppé pour des questions de formes? Au final, l’enjeu est politique. »