Après 34 ans de service au SPS, la sergente-détective Maryse Fournier prend sa retraite.

SPS : une première policière à la retraite

Pour la première fois de son histoire, le Service de police de Sherbrooke (SPS) voit l’une de ses policières partir à la retraite.

Après 34 ans de service, c’est maintenant l’heure de la retraite pour la sergente-détective Maryse Fournier. Elle est la première policière à prendre sa retraite au sein du SPS.

En juillet 1985, elle devenait l’une des deux premières femmes à faire son entrée au sein du corps de police. Mme Fournier avait été embauchée en même temps que Brigitte Beaudoin, une autre pionnière du corps policier.

« C’est une journée historique pour nous, commente Martin Carrier, policier relationniste au SPS. Des retraites, il y en a régulièrement, mais celle-là est particulière. »

« Les deux policières entrées en fonction chez nous ont dû défoncer des portes. Maryse a été la première femme à devenir lieutenante du service de police. Elle est aux enquêtes depuis quelques années. »

Mme Fournier va manquer à toute l’équipe, ajoute M. Carrier. « C’est une femme bien appréciée de ses collègues et de la population », dit-il.

« Elle est reconnue comme une dame au grand cœur. »  

Mme Fournier a tenu à garder son départ à la retraite privé. 

Contre vents et marées

Dans un article paru en 2016 pour souligner les 30 ans de police au féminin à Sherbrooke, elle et Mme Beaudoin avaient témoigné de leur parcours depuis leur arrivée au SPS. Elles avaient admis avoir exercé leur métier contre vents et marées.

Maryse Fournier se souvenait que certains confrères refusaient carrément de travailler avec une femme. Des fois, les conjointes ne voulaient pas que leur mari patrouille avec elle. Les équipements et les locaux du corps de police n’avaient pas été adaptés à la présence féminine non plus. Une pétition demandant leur mise à pied a même circulé!

Elle se rappelait toutefois que plusieurs confrères masculins se sont bien comportés avec elle, comme ceux qui ont fait remarquer que les femmes dans la police pouvaient être complémentaires au travail masculin. 

Cette dernière a gravi tous les grades pour atteindre celui de lieutenant, après avoir été la première sergente du service.

En 2016, le SPS on comptait 56 femmes policières sur des effectifs de 241 personnes. Le nombre est le même aujourd’hui, alors que les effectifs totaux sont à 245 personnes.