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Sous-financés, les organismes communautaires « démissionnent »

Les membres des organismes communautaires démissionnent pour cause « de sous-financement chronique ».
Crédit photos : Spectre Médias : Stéphanie VallièresJournaliste : Claude PlanteSit in devant les bureaux de Luc FortinLes organismes communautaires démissionnent pour cause de sous-financement chronique!
Mardi midi, des dizaines de représentants des organismes d'action communautaire autonomes de l'Estrie se sont mobilisés pour tenir un « sit-in du 4 % », devant les bureaux du député Luc Fortin, ministre responsable de la région de l'Estrie à Sherbrooke.
Des personnes engagées du milieu communautaire comme des travailleurs et des bénévoles se sont réunies afin de remettre symboliquement leurs relevés d'emploi et témoigner de l'impact du sous-financement qui dure depuis des années.
Des délégués ont rencontré des attachés du député libéral à ses bureaux de la rue King Ouest pour remettre des documents. Cette action régionale s'inscrit dans le cadre de la campagne « Engagez-vous pour le communautaire ».
Selon Claudelle Cyr, directrice du ROC de l'Estrie, plusieurs organismes doivent couper des heures de travail des employés. Ceux-ci doivent se résoudre à « faire du bénévolat parce qu'ils croient à la mission.
« Il y a longtemps que nous demandons en meilleur financement. C'est la blague de Pète et Répète qui se poursuit. »
Selon elle, le sous-financement des organismes communautaires a des conséquences néfastes sur la population, comme les charges sont de plus en plus lourdes pour ces organisations.
Les organismes sont mobilisés en Estrie, comme dans tout le Québec, au sein de la campagne « Engagez-vous pour le communautaire ». Les organismes revendiquent plus que jamais un meilleur financement et son indexation annuelle, un réinvestissement majeur dans les programmes sociaux et les services publics, la reconnaissance de leur travail comme moteur de progrès social et le respect de leur autonomie.
Pour sa part, Alexandre Lavallée, de la Table régionale des organismes volontaires d'éducation populaire de l'Estrie, n'était pas satisfait de la réponse obtenue au bureau de M. Fortin. « Les attachés nous regardaient avec un petit sourire, dit-il. Ils nous disent qu'ils vont faire le message. »
« Les gens n'ont plus de service parce que les organismes communautaires n'ont plus d'argent. Ça n'a plus d'allure. »
Alexandre Lavallée a invité les participants à une autre manifestation « nationale » prévue en septembre à Québec pour continuer la lutte contre l'appauvrissement des organismes communautaires.
Le ministre Luc Fortin indique quant à lui que tout le monde voudrait plus d'argent. « Gouverner, ce n'est pas dire oui à tout ce qui nous est demandé. C'est de faire des choix en fonction de la capacité des gens de payer. Nous reconnaissons l'apport des organismes communautaires. Les organismes qui sont soutenus par le ministère de la Santé ont reçu une bonification de 80 M$ sur cinq ans dans le dernier budget. C'est quand même considérable. 
« Nous ne contestons pas la légitimité des demandes. Il y en a dans tous les secteurs. En même temps, l'argent qu'on met sur la table est l'argent des Québécois. Leur capacité de payer n'est pas illimitée. Nous soutenons les organismes au meilleur de nos capacités. »