Le terrain de Philippe Morneau, dans le secteur Rock Forest, a été recouvert d’eaux usées la semaine dernière, à la suite de travaux effectués par la Ville de Sherbrooke. Une fine couche de neige recouvre maintenant l’accumulation, mais le propriétaire appréhende le dégel du printemps, si la Ville ne vient toujours pas réparer les dégâts.
Le terrain de Philippe Morneau, dans le secteur Rock Forest, a été recouvert d’eaux usées la semaine dernière, à la suite de travaux effectués par la Ville de Sherbrooke. Une fine couche de neige recouvre maintenant l’accumulation, mais le propriétaire appréhende le dégel du printemps, si la Ville ne vient toujours pas réparer les dégâts.

Son terrain recouvert d’eaux usées

Un citoyen de la rue Émery-Fontaine, dans le secteur Rock Forest, a eu la mauvaise surprise de voir des eaux usées envahir son terrain, vendredi de la semaine dernière. Philippe Morneau se plaint que la Ville de Sherbrooke n’a pas agi assez rapidement pour nettoyer sa propriété à la suite d’un incident survenu lors de travaux.

Alors que l’équipe de la voirie s’affairait à corriger un raccordement d’égouts croisé en amont du terrain de M. Morneau, les travailleurs ont été surpris par la présence d’eaux usées dans un tuyau qu’elle croyait vide, rapporte-t-on à la Ville. Alors que les eaux usées commençaient à se répandre dans la tranchée après l’ouverture de l’égout en question, menaçant de s’élever jusqu’au niveau du réseau d’aqueduc, les travailleurs ont dû intervenir d’urgence. 

N’ayant pas accès à une entrée d’égouts sanitaires, ils ont ainsi pompé le liquide directement dans la rue pour éviter un avis d’ébullition préventif, note la Ville. Le dénivelé des environs, combiné à l’absence de bordure de béton sur la limite du terrain de M. Morneau, a fait en sorte que la course des eaux usées s’est terminée chez ce dernier, avance-t-on. 

« La merde s’est répandue dans ma cour d’entrée, sur mon terrain et ensuite vers la rivière Magog. Mon terrain fait 500 pieds de large et il y en a partout! Ça puait vraiment beaucoup! » relate M. Morneau, lors d’un entretien accordé à La Tribune.

M. Morneau a multiplié les démarches auprès de la Ville pour qu’on vienne décontaminer son terrain. Malgré ses appels à la municipalité, une semaine plus tard, rien n’a été fait. 

« Ça fait une semaine et rien n’a bougé », déplore-t-il.

« Quand c’est arrivé, l’ingénieur responsable des travaux m’a dit que la Ville allait nettoyer mon terrain le soir même. Ils sont venus vendredi soir [13 décembre], mais ils n’ont que lavé la rue. Pas mon terrain. On m’a dit d’appeler le lendemain. »

C’est ce qu’il a fait. On lui a dit que personne ne pouvait faire le travail durant la fin de semaine et de rappeler lundi. Ce que le citoyen a fait. Et aussi mercredi. 

« Il y a quatre pouces de merde sur mon terrain. La neige a tout recouvert et c’est gelé maintenant. Ça sent moins, mais c’est toujours là », lance-t-il.

« Ce qui aurait dû être fait, c’est de nettoyer vendredi après-midi avec un camion-citerne, tout de suite après le déversement d’eaux usées. On n’en parlerait plus. »

Philippe Morneau appréhende le dégel du printemps. Les odeurs seront de retour, craint-il.

À quel point les eaux usées sont-elles aussi contaminées et dangereuses pour la santé? Il l’ignore.

« Imprévisible »

À la Ville, on explique que les travailleurs ne pouvaient pas se douter que le tuyau en question, qui pompe habituellement les eaux usées de résidences situées en aval du coin Saint-Roch et Émery-Fontaine, contenait des eaux usées : ceux-ci avaient effectué des travaux sur le même tuyau dans la semaine précédente et l’auraient alors trouvé vide après avoir fermé la pompe. 

La voirie maintient ainsi que, si ceux-ci avaient envisagé la présence d’eaux usées dans ce tronçon, ils auraient eu recours à un camion-citerne, dans lequel ils auraient pu directement pomper les eaux. 

On indique également qu’une « intervention » sera faite sur le terrain de M. Morneau, mais qu’il est pour le moment impossible détails ou échéancier.