Face à la détérioration rapide des conditions routières, mercredi soir, la STS a été forcée d'interrompre son service. Le vice-président du syndicat des chauffeurs, André Marsan, juge que la Ville a trop tardé à intervenir pour empêcher que les rues soient glacées.

Soirée chaotique de mercredi : les chauffeurs de la STS blâment la Ville

Les conditions routières difficiles ont forcé la Société de transport de Sherbrooke à suspendre ses activités pendant deux heures, mercredi soir. Le vice-président du syndicat des chauffeurs, André Marsan, estime que la Ville a trop tardé à intervenir pour empêcher que le réseau routier soit glacé. Il ne trouve pas normal que les chauffeurs doivent contacter la Ville pour rapporter l'état de la chaussée.
« Il y a tellement de côtes à Sherbrooke, ça peut devenir déplorable très rapidement. En théorie, c'est beau de dire qu'on a été pris au dépourvu, mais nous sommes sur les routes toute la journée. Si on attend que les routes soient glacées pour intervenir, il est trop tard. Il n'est pas rare que nous appelions les superviseurs pour qu'ils appellent la Ville et leur demandent d'agir », rapporte M. Marsan.
Selon lui, les autorités concernées devraient être en mesure d'agir plus rapidement. « Je ne devrais pas avoir à appeler à la Ville chaque fois pour dire que quelque chose ne va pas. L'hiver, la Ville, son principal mandat c'est de s'occuper de son réseau routier, de ramasser la neige, de saler et de sabler. Il n'y a pas de fleurs à arroser, pas de pelouse à entretenir. »
De mémoire, André Marsan ne se souvient pas de fois où les services de la STS ont été complètement interrompus en raison des conditions routières. « Pour arrêter le réseau urbain, il faut que ça aille vraiment mal. On peut rouler dans presque toutes les conditions. Nous sommes à peu près toujours en mesure d'assurer un minimum de service. Par exemple, le 26 décembre, il y a des secteurs que nous évitions, comme Rock Forest, mais on pouvait circuler à basse vitesse sur la King. Hier (mercredi), ce n'était pas possible. »
M. Marsan rapporte être resté coincé pendant une quinzaine de minutes près du Cégep de Sherbrooke, puisqu'il était incapable de monter une côte. « Sur Prospect, il y a un autobus qui s'est immobilisé dans un banc de neige. La rue King, je l'ai descendue comme une luge, en enfonçant le klaxon pour que les automobilistes comprennent que je ne pourrais pas arrêter. Ça pèse environ 43 000 livres un autobus comme ça, dont 27 000 livres à l'arrière. Quand on descend une pente, c'est beaucoup de pression qui vient de l'arrière. Il ne faut pas faire de fausse manoeuvre. »
Le vice-président du syndicat des chauffeurs rapporte aussi un dérapage important sur la rue McGregor.
« Si c'est pour arriver quatre, cinq, six fois par hiver, ce n'est pas vrai que nous mettrons la sécurité des gens en danger. La décision d'arrêter les autobus était sage. L'objectif n'est pas d'arrêter les bus ou que les gens restent en plan sur le bord de la rue. Nous voulons assurer les services le plus longtemps possible. Mais dans les circonstances, c'était la meilleure décision. Nous ne sommes pas en conflit avec nos supérieurs. Nous travaillons bien avec la STS. »
Enfin, au président de la STS Bruno Vachon, qui croit qu'il s'agit là de l'opinion d'un chauffeur plus que de celle du syndicat, M. Marsan rétorque que c'est l'opinion de tous les automobilistes qui se trouvaient sur la route mercredi soir.