Mylène Rioux

Simuler un camp de réfugiés pour mieux les comprendre

« Et si une catastrophe vous forçait à quitter votre maison, comment feriez-vous pour vous nourrir, vous laver, vous loger, pour vivre, seulement? »

C'est la question que pose le Centre d'éducation populaire de l'Estrie, qui organise une simulation de camp de réfugiés, le 28 octobre entre 12 h et 16 h 30, dans le cadre de la Semaine sherbrookoise des rencontres culturelles.

« C'est un concept qui existe déjà et qui s'est vu dans différentes universités. On se l'est approprié afin de conscientiser et sensibiliser la population à ce que c'est de vivre dans un camp de réfugiés. L'objectif est que les gens comprennent mieux ce qu'ont vécu les réfugiés qu'on accueille », explique Stéphanie Cotnoir, directrice adjointe au CEP.

Une équipe de 15 comédiens entreront dans différents rôles afin de recréer l'atmosphère de camps de réfugiés. Les participants seront confrontés à différentes situations au fur et à mesure qu'ils visiteront les différentes stations.

« On ne voulait pas imiter ou reproduire quelque chose, par exemple un camp de réfugiés en Afrique, car on avait peur de se faire critiquer par des gens qui l'ont réellement vécu. C'est pourquoi on a décidé d'imaginer ce qui se passerait si une catastrophe arrivait ici, au Québec. De quoi ça aurait l'air si nous, nous étions forcés, pour une raison ou une autre, de quitter rapidement notre domicile pour rejoindre un camp de réfugiés? » s'est demandé Mylène Rioux, directrice générale du CEP.

À une des stations, les participants recevront la quantité d'eau à laquelle ils auraient droit pour la semaine au camp. « Dans un camp, la quantité d'eau qu'on te donne pour une famille pour une semaine est la même qu'on flushe à la toilette en une seule fois. Et cette eau sert à se laver, boire et faire de la nourriture », relate Mme Cotnoir.

La simulation destinée au grand public se déroulera dans les locaux du CEP, au 311 rue Marquette. Départ toutes les 15 minutes. La durée de l'expérience offerte gratuitement est de 30 minutes.

« Les participants entrent dans la peau d'un réfugié, ils ne font pas juste entendre leur histoire. Et après, ils ont la chance de rentrer paisible sur leur sofa. Ce qui n'est pas le cas des réfugiés », conclut Mme Rioux.