Environ 140 militaires se sont entraînés à Sherbrooke, samedi, en compagnie du Service de police de Sherbrooke, du Service de protection contre les incendies et d’Ambulances Estrie.

Simuler pour apprendre à communiquer [VIDÉO ET PHOTOS]

Si une explosion chimique survenait à l’Université de Sherbrooke, comment les services d’urgence réagiraient-ils? C’est ce scénario qu’ont exploré les 55e (Québec), 52e (Sherbrooke) et 51e (Montréal) Ambulances de campagne de l’Armée canadienne, Ambulances de l’Estrie, le Service de police et le Service de protection contre les incendies de Sherbrooke samedi.

Dans le pavillon 2 de l’Université de Sherbrooke, l’alarme d’incendie résonne. Des réservistes jouant des victimes, des blessés ou des personnes qui ont été infectées, se comptent par dizaines dans le bâtiment. Certains sortent sur leurs jambes, d’autres doivent être aidés pour être évacués. Quelques-uns sont déclarés morts. 

Coup sur coup arrivent les policiers, les pompiers, les ambulanciers et la 158e Ambulance de l’armée. Ensemble, comme ils le font aux trois ans, ils apprennent à communiquer au cas où une telle situation arrivait. 

Daniel Gingras, directeur adjoint aux opérations pour le Service de protection contre les incendies de Sherbrooke, considère que cet exercice prépare bien ses troupes lorsqu’arrive une situation comme celle de Neptune Technologies et bioressources, qui avait explosé en 2012. « C’est là que ça nous permet d’arrimer les systèmes de collaboration entre les différents services. De manière standard, on ne peut pas se parler. Il y a des policiers, des gens de l’Université, des gens de la CNESST, des ambulanciers, etc. Aujourd’hui, on peut tous se parler, transmettre l’information à tous les gens qui sont sur le terrain », explique le pompier. 

M. Gingras a déployé une douzaine de sapeurs. « Le but, c’était de simuler le fait que nous étions débordés et qu’on demande aux gens de l’armée d’être déployés. En temps réel, l’accès aux gens de l’armée est plus difficile. Le temps de déploiement n’est pas aussi rapide », analyse-t-il, avouant que normalement, plus de pompiers auraient été déployés.

« On aurait déployé énormément d’effectifs, assure M. Gingras. Sur un incendie, on déploie plus d’effectifs que ça. Il faut assurer une couverture, on a une ville à couvrir aujourd’hui. On a déployé trois casernes, mais on a quand même assuré une couverture du territoire. »

Pour le major Michel Garant, commandant de la  52e Ambulance de campagne de Sherbrooke, cette simulation permet aux différentes équipes de se familiariser avec le jargon des autres. « Normalement, nous sommes des services séparés. Tout le monde a sa façon de faire. [On pratique] surtout la communication. Au final, on va traiter le patient », indique-t-il.

Le directeur aux opérations chez Ambulances de l’Estrie, Jean-François Pellerin, rappelle que les équipes n’avaient aucune idée du scénario qui allait leur être proposé samedi matin. « On savait qu’il y aurait un incident dans l’un des bâtiments de l’Université de Sherbrooke. On n’avait pas d’autres informations, on a été surpris par l’ampleur de l’événement », exprime-t-il.

« Ce ne sont pas des situations qu’on voit souvent, mais on veut s’améliorer, résume M. Pellerin. C’est une belle journée pour pratiquer ce genre de scénarios, peaufiner nos techniques et développer le partenariat avec les différents partenaires avec qui on travaille quotidiennement. »